Tout le monde en a au moins une paire. Véritable phénomène de mode, les baskets ont envahi nos placards. Les chaussures de sport sont de plus en plus utilisées de manière quotidienne, si non pour suivre une mode, de manière à pouvoir bénéficier d’une souplesse et d’un confort que n’offrent généralement pas les chaussures de ville classiques. Cependant, cette souplesse de la basket se révèle être un faux ami de nos pieds. Explications.

Les chaussures de sport sont excellentes pour le sport et pour cause, elles sont prévues pour ça. Mais les porter à longueur de journée peut conduire les porteurs à de vraies séquelles. Comme le soulignent souvent les podologues, le pied est un mécanisme admirablement construit qui a parfaitement fonctionné depuis l’apparition de l’espèce humaine. Seulement depuis l’invention de la basket, le pied humain a tendance à ne plus marcher aussi bien qu’autrefois, notamment chez les utilisateurs quotidiens de ce type de chaussures. La souplesse des matériaux employés peut en effet empêcher la voûte plantaire de se former correctement.

Phénomène particulièrement observé chez les adolescents, cette déformation due à un développement non conforme de la voûte plantaire peut entraîner des conséquences désastreuses, avec entre autres un pied trop plat et douloureux à la marche. L’affaissement de la voûte plantaire correspond à la disparition progressive de la concavité de l’arche plantaire, souvent accompagnée d’une déviation du talon, qui se couche vers l’intérieur. En d’autres termes, ce sont les petits os qui sont responsables de soutenir la voûte plantaire, trop peu sollicités, qui s’atrophient, car ils ne servent plus à rien. C’est pourquoi pour les adeptes de course à pied, le choix de la bonne chaussure est très important. À chaque foulée, les pieds supportent 4 à 7 fois le poids du corps et s’ils n’y parviennent pas, la douleur va alors se répercuter jusque dans les genoux, le bassin ou le dos.

Autre problème causé par les baskets : le pied s’habitue un peu trop bien au confort et à la souplesse de la semelle offerte par ces chaussures de sport. À tel point qu’à trop en porter, le pied va complètement oublier ses propres qualités d’amortissement. Les pieds ont ainsi tendance à s’affaisser et à perdre de leur ténacité, cela est dû au fait que les baskets ne stimulent pas les capitons plantaires qui permettent d’amortir les impacts. Du coup, on perd ces amortisseurs naturels sans pouvoir les récupérer. D’où un risque de douleurs et de mauvais positionnements des orteils qui peut conduire jusqu’à des tendinites. En d’autres termes, les personnes qui portent trop souvent des baskets désapprennent à marcher.

Malgré des matériaux de plus en plus techniques comme les mousses en éthylène acétate de vinyle ou en polyuréthane, utilisées aussi en podologie pour les semelles orthopédiques, la basket reste trop large par rapport au pied, en particulier chez les adolescents qui la portent délacée. Cet autre effet de mode, l’habitude des adolescents de ne pas nouer leurs lacets, pose également des problèmes. En effet, cela les oblige à crisper le pied en permanence pour rattraper les chaussures avec les orteils. Autre problème, sa fabrication en matières synthétiques qui favorisent la transpiration. Cela va avoir pour conséquence de faire macérer le pied dans la chaussure et ainsi de favoriser l’apparition de mycoses, surtout dans les baskets larges, dans lesquelles le pied a de l’espace. À l’inverse, des chaussures trop serrées peuvent poser également des problèmes. En effet, une mauvaise coupe des bords latéraux des ongles associée à des chaussures un peu trop serrées crée les conditions idéales pour que l’ongle, souvent celui du gros orteil, s’incarne. Une chaussure trop étroite peut aussi déformer le pied et former un hallux valgus, c’est-à-dire une déviation anormale du gros orteil vers le deuxième orteil, également appelée oignon.

Bien que ces problèmes ne soient pas aussi graves qu’il n’y parait, les baskets ne doivent donc pas être portées tous les jours et doivent être adaptées aux pieds du porteur. De cette manière, le risque de déformation du pied ou bien d’infection (ongle incarné, mycose) est largement réduit. Des semelles orthopédiques et autres orthèses (aide technique qui aide à réaliser une fonction qui est devenue déficiente) permettent en général de corriger une déformation du pied. Cependant, un affaissement de la voûte plantaire trop important peut nécessiter une opération du pied. Cette opération consiste à remettre dans l’axe le talon qui s’était déplacé à cause de l’effondrement de la voûte plantaire. Après les problèmes posés par les chaussures à talons hauts et maintenant ceux posés par les baskets, nous en viendrons peut-être bientôt à nous déplacer pieds nus.

Sources : sciences & avenir ; futura-sciences