in

Il y a plus de 30 000 ans, nos ancêtres utilisaient déjà des propulseurs

lances armes propulseurs
Crédits : gorodenkoff/istock

Des archéologues ont récemment découvert que des propulseurs étaient utilisés au niveau de l’actuelle Belgique pour lancer des projectiles armés de pointes de silex sur le site du Paléolithique supérieur précoce de Maisières-Canal il y a environ 31 000 ans.

Qu’est-ce qu’un propulseur ?

Les propulseurs étaient des outils préhistoriques permettant de lancer des projectiles tels que des flèches ou des lances sur de longues distances avec plus de force et de précision que lors d’un lancer à la main.

Cette arme de jet se composait généralement de trois parties principales :

– La partie distale : située à l’extrémité du propulseur, elle était équipée d’un système d’accroche, tel qu’un crochet ou une gouttière. Elle était fabriquée en bois de renne, parfois sculptée, et c’est généralement la partie qui a survécu dans les découvertes archéologiques.
– La partie proximale : située à l’extrémité opposée, elle servait à tenir le propulseur lors du tir. Parfois, elle comportait un trou.
– Enfin, la partie médiale reliait les parties distale et proximale.

L’utilisation du propulseur impliquait le lancement d’un projectile en le calant sur le dispositif d’accroche. Le chasseur positionnait son bras à l’arrière et il projetait son bras vers l’avant en lâchant le projectile à mi-course. Le propulseur agissait alors comme un bras de levier, prolongeant artificiellement le bras du chasseur. Cela permettait d’appliquer la force à l’extrémité de la sagaie plutôt qu’au milieu, réduisant ainsi les frottements et augmentant la vitesse du projectile par un facteur de trois.

Des armes utilisées en Belgique il y a 31 000 ans

Cette approche coexistait à l’âge de pierre avec d’autres systèmes d’armes préhistoriques comme les lances poussées (armes à courte portée), les lances lancées (armes à longue portée) et l’arc. Cependant, le moment de leur invention et leur éventuelle coexistence restent débattus.

Il est en effet difficile de détecter la présence de ces premières armes sur les sites archéologiques en raison de la décomposition de leurs composants organiques. Les pointes de pierre utilisées pour les confectionner sont plus fréquemment découvertes, mais les relier de manière fiable à des armes particulières est toujours compliqué.

Pour résoudre ce problème, des chercheurs ont récemment examiné un échantillon de 329 artefacts en silex prélevés sur le site de Maisières-Canal, situé en Belgique. Ce site, daté d’environ 28 000 à 31 000 ans, est un lieu de référence pour le Paléolithique supérieur inférieur dans le nord-ouest de l’Europe.

Dans le cadre de ces travaux, les chercheurs ont mené une expérience où ils ont fabriqué des répliques de projectiles similaires à ceux utilisés au Paléolithique, c’est-à-dire des pointes de silex. Ils les ont ensuite tirées à l’aide de différentes armes pour étudier les effets de chaque arme sur ces projectiles. Il est ressorti de cette expérience que les armes laissaient des marques distinctes sur les pointes de silex. Ces observations ont ainsi permis aux chercheurs de faire correspondre ces marques aux découvertes archéologiques.

lances armes propulseurs
Une pointe prélevée sur le site de Maisières-Canal, Belgique. Crédit image : Coppe et al., doi : 10.1038/s41598-023-45554-w.

Grâce à ces tirs expérimentaux, les chercheurs ont ainsi confirmé que les chasseurs de Maisières-Canal utilisaient bien des propulseurs, repoussant de plus de 10 000 ans les dates connues de l’utilisation de ces armes en Europe.