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La vie pourrait être plus rare que nous le pensions dans l’Univers

Une récente étude stipule que nous devons totalement revoir la notion de zone habitable. L’angle d’ouverture permettant à la vie complexe de prospérer semble en effet plus petit que prévu.

La définition la plus générique d’une zone habitable est « la région circulaire autour d’une étoile où les températures de surface sur un corps en orbite seraient suffisantes pour maintenir l’eau à l’état liquide ». Mais ce n’est pas suffisant. Qui dit “zone habitable” ne dit en effet pas nécessairement “vie”. Nous en avons un parfait exemple pas très loin de chez nous avec Vénus. L’ancienne jumelle de la Terre évolue en effet dans cette zone, mais la vie y est quasiment impossible à cause de sa teneur en gaz.

Le principe est le même dans les autres systèmes. De nombreuses planètes ont été découvertes dans la zone autorisant normalement des températures suffisamment chaudes pour permettre la présence d’eau liquide. Le problème, c’est que nous n’avons aucun moyen d’aller vérifier sur place si telle ou telle planète est réellement capable de supporter la vie. Pour préciser nos recherches, autrement dit pour ne sélectionner que les mondes les plus prometteurs, nous devons donc analyser depuis la Terre la teneur en gaz de ces planètes.

Le problème, c’est qu’en appliquant cette contrainte, on se rend très vite compte que la zone habitable n’est plus aussi large que prévu. En témoigne cette nouvelle étude signée de l’UC Riverside (États-Unis). Les chercheurs ont en effet découvert, après de multiples simulations, que les planètes évoluant sur les bords extérieurs de leur zone habitable doivent nécessairement accumuler du gaz toxique pour maintenir la “bonne” température.

Trop de gaz toxiques, pas de vie

Prenons l’exemple de la vie complexe sur notre planète. Nous, humains, et toutes les formes de vie, avons évolué parce que note planète présentait une certaine gamme de températures. Si la Terre était placée un peu plus à l’extérieur du système, les températures seraient beaucoup plus fraîches. Notre monde aurait alors besoin de gaz à effet de serre (comme du dioxyde de carbone) pour se réchauffer, et permettre à la vie complexe d’évoluer. Or, une trop grande présence de ce gaz ne peut permettre notre évolution. Il ne pourrait donc y avoir de vie complexe sur Terre. Et ce alors même que notre planète évoluerait dans la zone habitable du Soleil.

C’est ce que montre cette étude. Des niveaux de certains gaz toxiques nécessaires pour réchauffer les températures réduisent forcément la “zone de sécurité” pour la vie complexe – de moitié pour la vie animale simple. Et de plus des deux tiers pour les humains et les animaux plus sensibles à ces gaz toxiques.

exoplanètes
Pour tomber sur une vie extraterrestre, nous devons éviter les planètes remplies de gaz toxiques. Crédits : NASA

Revoir la notion de zone habitable

« Pour maintenir de l’eau liquide à la périphérie de la zone habitable conventionnelle, une planète aurait besoin de dizaines de milliers de fois plus de dioxyde de carbone que la Terre aujourd’hui, explique Edward Schwieterman, principal auteur de l’étude. C’est bien au-delà des niveaux connus pour être toxiques pour la vie humaine et animale sur Terre ».

« C’est la première fois que l’on considère que les limites physiologiques de la vie sur Terre permettent de prédire la répartition d’une vie complexe ailleurs dans l’Univers, ajoute Timothy Lyons, co-auteur de l’étude. Nos résultats indiquent que des écosystèmes complexes comme le nôtre ne peuvent exister dans la plupart des régions de la zone habitable telle que définie traditionnellement ».

Autrement dit, il est donc évident que nous devons revoir cette notion de zone habitable. Et si l’on se réfère à cette étude, mieux vaut se dire que la vie complexe pourrait finalement être plus rare que nous le pensions. Car les planètes permettant son évolution seraient tout simplement moins nombreuses.

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