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Une étude suggère que les peines de prison ne dissuadent pas les crimes futurs

Crédits : Wikimedia Commons / Yuki Kimura

Une récente étude publiée dans la revue Nature suggère que les peines de prison ne dissuaderaient pas les concernés de commettre de nouveaux crimes une fois libérés.

L’un des objectifs des peines d’emprisonnement est d’empêcher le ou la délinquant·e de commettre davantage de crimes. Du moins contre celles et ceux qui se trouvent en dehors de la prison. La sanction a également pour objectif de dissuader, à l’avenir, les concerné·e·s de commettre de nouveaux crimes. Mais est-ce réellement le cas ? Les peines d’emprisonnement ont-elles vraiment ce pouvoir ?

Autant de récidives

Pour le savoir, des chercheurs de l’Université de Berkeley, en Californie, se sont penchés sur les cas de 111 110 personnes condamnées pour des violences dans l’État du Michigan entre 2003 et 2006. Certaines avaient été condamnées à des peines d’emprisonnement, et d’autres à des peines de probation. Les chercheurs ont suivi les archives des concerné·e·s jusqu’en 2015 pour savoir si ces personnes avaient été de nouveau arrêtées ou condamnées pour des faits de violence.

« L’objectif principal de cette étude était de comprendre comment le fait de condamner quelqu’un à l’emprisonnement change la probabilité que cette personne commette une future infraction violente », expliquent les chercheurs.

Et les résultats sont très clairs. Les chercheurs expliquent n’avoir décelé qu’une très légère diminution de la criminalité parmi les personnes incarcérées par rapport à ceux qui bénéficiaient d’une période de probation. Et seulement pendant leur séjour en prison. Une fois libérées, ces personnes ont commis autant de nouveaux crimes que celles qui avaient été condamnées à une peine de probation.

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Une étude suggère que les peines de prison ne dissuadent pas les crimes futurs. Crédits : Pixabay

Repenser les peines judiciaires

Ces données suggèrent en effet que le temps passé en prison n’a donc pas empêché les détenus de commettre de nouvelles violences. Les chercheurs suggèrent que l’emprisonnement est un moyen de dissuasion inefficace. Ils font également remarquer que le fait de mettre des gens en prison coûte beaucoup plus cher à la société que la probation. Ils invitent ainsi les responsables politiques à repenser le sujet des peines judiciaires.

« Emprisonner des personnes (…) aura un impact relativement faible sur le niveau de violence dans la société, tandis que les politiques alternatives et actions de prévention de la violence auront un effet plus important pour des coûts économiques et sociaux inférieurs », peut-on lire.

Notons que cette étude ne concerne qu’un État aux États-Unis. Impossible donc de dire si, en France par exemple, les peines de prison sont également « inefficaces » dans le cadre de récidives. On rappelle que le nombre de détenus dans les prisons françaises vient par ailleurs d’atteindre un nouveau record en mars, avec 71 828 personnes incarcérées au 1er avril, selon les statistiques mensuelles de l’administration pénitentiaire publiées par le ministère de la Justice.

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