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Une centaine de lions maltraités retrouvés dans un élevage sud-africain

Beaucoup de ces lions avaient perdu la majeure partie de leur fourrure à cause de la gale. Crédits : Conservation Action Trust

Un site d’élevage de lions en Afrique du Sud est actuellement au cœur de l’un des plus importants cas de négligence animale jamais observés dans la région. Des dizaines de fauves sont concernés.

Bienvenue en enfer : dans la ferme Pienika, au nord-ouest de l’Afrique du Sud. Alertés par un anonyme, des inspecteurs du Conseil national des sociétés de prévention de la cruauté envers les animaux (NSPCA) se sont rendus sur place début avril. Ont été retrouvés deux lionceaux souffrant de lésions neurologiques. Ils ne pouvaient tout bonnement plus se déplacer. Près d’une trentaine de lions souffraient également de la gale, une maladie parasitaire. Tous avaient quasiment perdu toute leur fourrure. Des problèmes de santé auxquels s’ajoutent des conditions de vie insalubres (petites enceintes, manque d’abris et d’eau). Sont également présents (et tout aussi négligés) des caracals, des tigres et des léopards.

Un avenir sombre pour ces animaux

Plus surprenant encore, le propriétaire de la ferme, Jan Steinman, est membre du conseil de la South African Predator Association. C’est cet organisme qui établit les normes en matière de bien-être animal dans les installations d’élevage de lions. Même si, en soi, cette organisation n’est pas très glorieuse, affirmant que la chasse au lion est légitime et éco-responsable. L’homme fait actuellement l’objet de poursuites pénales pour cruauté envers les animaux, peut-on lire dans le Times. La NSPCA l’accuse d’avoir enfreint la loi de protection des animaux 71 de 1962, en Afrique du Sud. Il encourt environ 2 700 dollars d’amende ou un an de prison.

Quant aux animaux, ils restent pour le moment confinés dans le même établissement. Leur sort dépend des résultats de l’enquête. Mais ne rêvons pas, ces lions ne pourront pas être relâchés dans la nature, ces derniers ayant vécu toute leur vie en captivité. Les sanctuaires dignes de ce nom se font également de plus en plus rares. « L’avenir de ces lions est sombre, note Audrey Delsink, directrice de la faune de la Human Society International. Car ils disposent de très peu d’options ».

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Crédits : Pixabay

La réalité des fermes d’élevage

Audrey Delsink tient par ailleurs à rappeler l’ignominie de ces élevages. Les lionceaux sont généralement volés à leur mère pour ensuite être présentés au public comme des orphelins. Un énorme prix à payer donc pour une simple caresse, prendre un selfie ou pour donner un biberon. Une fois ces lionceaux trop grands et dangereux, la plupart sont ensuite tués pour leurs os, qui alimentent le marché asiatique (médecine traditionnelle). D’autres sont également vendus pour être “traqués par des chasseurs dans des zones clôturées.

En août 2018, le parlement sud-africain s’est penché sur le problème de l’élevage en captivité de lions, réduisant le quota d’exportation d’os de lion en Asie. Les élevages restent malgré tout autorisés avec des règles, certes plus strictes, mais qui ne sont pas respectées. Le marché doit être lucratif.

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