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Bientôt un test sanguin pour détecter le syndrome de fatigue chronique ?

Crédits : Pixabay

Des chercheurs annoncent avoir franchi une étape importante vers la création d’un test sanguin susceptible d’identifier les personnes atteintes du syndrome de fatigue chronique.

Une maladie encore mystérieuse

Le syndrome de fatigue chronique (SFC) se traduit par une grande sensation de fatigue, mais pas que. Sont également ressentis des maux de tête, des douleurs articulaires, des difficultés à se concentrer, à dormir… Les symptômes sont divers et la maladie encore en grande partie incomprise. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il est très difficile de la diagnostiquer.

« Lorsque des personnes atteintes du syndrome de fatigue chronique demandent l’aide d’un médecin, elles peuvent subir une série de tests qui permettent de vérifier la fonction hépatique, rénale et cardiaque, ainsi que le nombre de cellules sanguines et immunitaires. Tous ces différents tests devraient normalement guider le médecin vers une maladie ou une autre, mais pour les patients atteints du syndrome de fatigue chronique, les résultats sont tous normaux », explique Ron Davis, de l’Université de Stanford (États-Unis) et co-auteur de cette nouvelle étude.

Car c’est bien là le problème. Le manque de biomarqueurs sur lesquels les médecins pourraient s’appuyer pour identifier la maladie reste l’un des principaux obstacles au diagnostic. Les concerné·e·s doivent alors passer toute une batterie de tests, souvent épuisants, en vue d’écarter toute autre maladie susceptible d’expliquer les symptômes ressentis.

L’idéal serait alors de pouvoir isoler une sorte de biomarqueur commun aux personnes souffrant de fatigue chronique (SFC), dans le but de mettre au point un outil de diagnostic rapide et efficace. Et c’est exactement ce que propose une équipe de chercheurs de l’Université de Stanford.

Crédits : Pixabay/ Shivmirthyu

Un plus grand stress chez les patients atteints de SFC

L’étude portait ici sur un échantillon de 40 personnes, dont la moitié était atteinte de SFC. Des échantillons de sang ont été prélevés et analysés à l’aide d’un test nanoélectronique. L’outil permet de mesurer la façon dont les cellules immunitaires et le plasma sanguin d’une personne interfèrent avec un courant électrique.

Les scientifiques ont alors eu l’idée de provoquer un stress cellulaire dans les échantillons en ajoutant du sodium (sel), puis ils ont comparé les réponses du groupe atteint de SFC avec celles du groupe témoin. Il est alors ressorti que tous les échantillons de sang des patients atteints de SFC avaient généré une « pointe de courant électrique importante », tandis que ceux des volontaires sans SFC étaient restés « relativement stables ».

Ce résultat, peut-on lire, pourrait traduire une difficulté de l’organisme à se défendre correctement contre le stress. « Nous ne savons pas exactement pourquoi les cellules et le plasma agissent de cette façon, ni même ce qu’ils font. Mais nous voyons clairement une différence dans la façon dont les cellules immunitaires saines et celles des patients qui ont le syndrome de fatigue chronique traitent le stress », explique le chercheur.

Des recherches supplémentaires devront être menées sur un plus grand échantillon. Mais à l’avenir, ce nouveau test « électrique » pourrait théoriquement être utilisé pour diagnostiquer la maladie. Il serait également possible de s’appuyer dessus pour contrôler l’efficacité de futurs traitements potentiels.

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