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Une mystérieuse baleine soupçonnée d’être un agent russe

Crédits : Direction norvégienne de la pêche

Des pêcheurs opérant dans la mer de Barents, au large des côtes norvégiennes, sont récemment tombés sur un béluga portant un harnais. La Norvège soupçonne l’animal de faire partie d’un programme d’utilisation de mammifères marins par le Kremlin.

Un agent russe ?

Un béluga (Delphinapterus leucas) observé près de l’île d’Ingøya intrigue les autorités norvégiennes. L’animal, qui semblait habitué à la présence humaine (l’espèce est d’ordinaire craintive), s’est en effet récemment approché d’un bateau de pêche, dévoilant un harnais de fabrication russe – sur les sangles en effet figure l’inscription : « Equipment of St. Petersburg ». Un attirail permettant d’attacher des appareils de prise de vue – ou des armes – qui laisse à supposer que l’animal pourrait être une recrue de la Russie. Une sorte d’auxiliaire de guerre formé par le Kremlin.

Audun Rikardsen, chercheur de l’Université de Tromsø, en Norvège, explique en effet qu’aucun scientifique, norvégien ou russe, n’accroche de tels harnais sur des baleines. Selon lui, l’implication de l’armée russe est l’explication la plus probable. « J’ai été en contact avec des chercheurs russes et ils peuvent confirmer qu’ils ne font pas ce genre de choses, a-t-il déclaré au journal norvégien VG. Ils me disent que c’est très probablement la marine russe, à Mourmansk ». Mais ça n’a rien de nouveau.

Un programme relancé par Poutine

On rappelle en effet que dès les années 1960, pendant la Guerre froide, Soviétiques et Américains s’appuyaient sur la discrétion et l’intelligence des phoques et des dauphins pour poser ou détecter des mines sous-marines. Ou encore pour le transport de torpilles. De récents rapports de médias russes suggèrent que le régime de Poutine est toujours intéressé par le sujet, entraînant baleines, dauphins et phoques à des fins militaires. Une base de recherche aurait même été rouverte dans la région de Mourmansk, près de la frontière norvégienne.

Des scientifiques russes ont par ailleurs confirmé cette semaine que de telles opérations étaient en cours, renforçant l’argument selon lequel ce béluga pourrait faire partie du programme. « Il existe un institut à Saint-Pétersbourg qui coopère avec l’armée pour étudier les animaux à des fins pratiques. Ils travaillent dans la baie des Cosaques, dans la mer Noire, et à Mourmansk », explique en effet Dmitry Glazov, de l’Institut AN Severtsov de l’Académie des sciences de Russie.

Le béluga n’a aujourd’hui plus de harnais, l’un des pêcheurs ayant plongé pour le lui retirer. Reste à savoir si l’animal pourra reprendre une vie normale, malgré son manque inquiétant de méfiance envers l’Homme.

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