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Près d’1 million d’espèces menacées de disparition par l’Homme

Crédits : Pixabay

Selon un rapport de l’ONU à paraître le 6 mai prochain, près d’un million d’espèces animales et végétales seraient menacées de disparaître à cause des activités humaines.

Depuis trois ans, 150 experts travaillent ensemble dans le but de faire un état des lieux de notre planète. De sa biodiversité, notamment. Le rapport fait 1 800 pages, mais un résumé sera voté puis distribué aux principaux décideurs politiques. Celui-ci devrait faire une quarantaine de pages. Certaines informations ont néanmoins déjà été communiquées. On nous apprend notamment – sans surprise – une «accélération rapide du taux d’extinction des espèces». Pour faire simple, sur les 8 millions d’espèces estimées sur la planète (dont 5,5 millions espèces d’insectes), «un demi-million à un million d’espèces devraient disparaître au cours des prochaines décennies».

La nature sous pression

Et la perte de cette incroyable biodiversité a un impact direct sur l’Homme. «Les apports que les gens tirent de la nature sont fondamentaux pour l’existence et la richesse de la vie humaine sur Terre. Et la plupart d’entre eux ne sont pas totalement remplaçables», peut-on lire. À titre d’exemple, plus de deux milliards de personnes dépendent toujours du bois pour se chauffer. Quatre milliards s’appuient également sur la médecine naturelle, et 75 % des cultures ont besoin de pollinisateurs. Or, ce dont l’Homme a besoin, l’Homme le détruit.

Principaux vecteurs de cette situation : l’utilisation des terres (pour l’élevage intensif, particulièrement) et l’exploitation directe des ressources (pêche, chasse). Viennent ensuite le changement climatique, les pollutions et les espèces invasives, dont l’impact est «à ce jour relativement moins important», mais «s’accélère», peut-on lire. Au final, le rapport estime que sur les trois quarts des surfaces terrestres, 40% de l’environnement marin et la moitié des cours d’eau ont été «gravement altérés» par l’ingérence humaine.

élevage vaches
Transformer les terres sauvages en terrains agricoles entraîne une perte de biodiversité. Ici, un élevage bovin aux États-Unis. Crédits : Greenpeace

Un changement de trajectoire s’impose

«Nous devons reconnaître que le changement climatique et la perte de la nature revêtent la même importance. Non seulement pour l’environnement, mais aussi pour le développement et les problèmes économiques, a déclaré à l’AFP Robert Watson, président de l’organe mandaté par l’ONU et qui a rédigé le rapport. La façon dont nous produisons notre nourriture et notre énergie mine les services de régulation que nous obtenons de la Nature».

«Si nous voulons une planète durable fournissant des services à des communautés du monde entier, nous devons changer cette trajectoire au cours des dix prochaines années, tout comme nous devons le faire avec le climat», ajoute Rebecca Shaw du WWF, et ancienne membre des organismes scientifiques des Nations Unies pour le climat et la biodiversité.

La Terre a essuyé cinq extinctions de masse pour causes naturelles. Mais la sixième – en cours – nous revient. Pour sauver notre planète, des solutions doivent être mises en place, et la prise de conscience doit être générale. Rappelons que ce rapport interviendra quelques jours seulement après la divulgation d’un plan visant à préserver la diversité et l’abondance de la vie sur Terre. Et ce pour la modique somme de 100 milliards de dollars par an.

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