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Il y avait autrefois sur Mars des rivières plus larges que le Mississippi

La panète Mars . Crédits : iStock

Une récente étude suggère que Mars était sillonnée par d’énormes rivières – plus larges que le Mississippi – durant une grande partie de son histoire. Les détails de l’étude sont publiés dans Science Advances.

Des rivières gigantesques

Nous savons que Mars n’a pas toujours été sèche et froide. Il y a environ 4 milliards d’années, on estime qu’il y avait suffisamment d’eau pour recouvrir la surface d’une mer de 140 mètres de profondeur. Une grande partie de cette eau, pensent les astronomes, était contenue dans un océan recouvrant la moitié de l’hémisphère nord de Mars. L’eau restante sillonnait probablement le reste de la planète, sous forme de rivières. Et certaines étaient gigantesques.

Une récente étude suggère en effet que certaines rivières martiennes étaient plus larges que celles trouvées sur Terre. « Le plus grand fleuve de notre base de données a une largeur d’environ un kilomètre, ce qui est plus large que le Mississippi à Saint-Louis, explique Edwin Kite, de l’Université de Chicago. Le taux de ruissellement, c’est-à-dire la quantité d’eau qui entre dans un système hydrographique, était compris entre 3 et 20 kg par mètre carré et par jour. Cela représente entre 8 et 50 piscines d’eau au kilomètre carré par jour ».

Mars rivières
Un ancien canal fluvial sur Mars apparaît sur cette photo prise par le Mars Reconnaissance Orbiter de la NASA. En bleu le niveau de l’eau est bas, en jaune le niveau est haut. Crédits : NASA/JPL/UNIV. ARIZONA/UCHICAGO

Plus de questions que de réponses

Il y avait donc des rivières gigantesques, mais il y a un problème avec ces observations. Il semblerait en effet que ces formations aient persisté il y a entre 3,6 et 1 milliard d’années. Or, cela faisait longtemps que Mars avait perdu la majeure partie de son atmosphère, “soufflée” par les vents solaires, ce qui suggère un “mécanisme inconnu” de précipitation induite par le climat alors que celui-ci se desséchait.

Nous savons en effet qu’une grande partie de l’eau martienne s’est évaporée dans l’espace au moment où l’atmosphère disparaissait. Sans cette couche protectrice, l’eau ne pouvait être maintenue en place en surface. D’où l’interrogation des chercheurs. Si Mars n’avait quasiment plus d’atmosphère, comment se fait-il que des rivières aussi fournies soient encore observées des millions d’années plus tard ?

« Nous nous attendions à ce que les rivières à un stade avancé soient plus étroites, explique en effet le chercheur. Or, le ruissellement intense causé par le climat a persisté de manière surprenante vers la fin de l’histoire de Mars ». Plusieurs explications sont possibles. La première suggère que les datations estimées de ces rivières sont erronées. Il est également possible que les processus d’élimination de l’atmosphère aient été retardés. Ou bien qu’un autre mécanisme encore inconnu permettait de telles précipitations dans des conditions de basse atmosphère.

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