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Un espoir en matière de fertilité chez les survivants du cancer infantile

Grady, née du sperme récolté à partir de tissus congelés. Crédits : Université de la santé et des sciences de l'Oregon

Une équipe de chercheurs de l’Université de Pittsburgh explique avoir trouvé le moyen de préserver la fertilité des jeunes garçons suivant un traitement contre le cancer. Les détails de l’étude sont publiés dans la revue Science.

Un grand pas en avant

En une quarantaine d’années, les efforts de lutte contre les cancers infantiles ont permis de maximiser les taux de survie (de 10 % à 80 %). En partant de ce principe, de nombreux chercheurs se sont tournés vers la fertilité des anciens sujets malades, mise à mal par les lourds traitements subis durant l’enfance. En ce sens, une avancée majeure vient d’être faite. L’idée consiste à utiliser du tissu testiculaire cryoconservé pour produire, plus tard, du sperme viable destiné à la fécondation in vitro. Une équipe de chercheurs annonce en effet la naissance d’un petit singe grâce à cette nouvelle technique.

Susan Taymans, de l’Institut national de la santé infantile et du développement humain (NICHD, États-Unis), garde bon espoir. Si cette expérience était ici limitée aux singes, elle pense que cette technique pourrait être appliquée sur des humains. « Auparavant, dit-elle, ce n’était qu’un concept : pouvons-nous fabriquer du sperme mature à partir de tissus immatures ? La réponse est oui. Nous avons montré que cela pouvait conduire à la formation de spermatozoïdes en bonne santé pouvant fertiliser un ovule et ainsi donner un bébé en bonne santé ».

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Grady, le premier singe né avec du sperme dérivé de tissu testiculaire congelé. Crédits : Université de la santé et des sciences de l’Oregon

La procédure

Les patient·e·s adultes soumis aux traitements contre le cancer ont aujourd’hui la possibilité de pouvoir congeler leur sperme ou ovules. Une fois guéri, il reste ainsi encore une chance de pouvoir engendrer une progéniture. En revanche, pour les enfants qui n’ont pas encore traversé la puberté, c’est impossible. Les chercheurs ont alors exploré l’idée de pouvoir utiliser des tissus immatures prélevés dans les testicules. D’abord sur des singes macaques rhésus, encore trop jeunes pour produire du sperme.

Les chercheurs expliquent alors avoir congelé ces tissus prélevés (sur cinq singes) pendant une période allant de cinq heures à cinq mois. Une fois décongelés, les tissus ont été greffés à 39 endroits sous la peau des sujets, notamment au niveau du scrotum et sur le dos. Après plusieurs semaines, en retirant les greffes, ils ont alors constaté que chaque greffon était rempli de sperme. Mais celui-ci était-il viable pour autant ? Pour le savoir, les chercheurs ont fertilisé 138 œufs. Et surprise : environ 40 % ont permis la formation d’embryons à un stade précoce.

Onze de ces embryons ont ensuite été transférés chez des singes femelles. Et l’un d’eux a mené à la naissance d’un bébé baptisé Grady. Un résultat incroyable, qui laisse entrevoir la possibilité de mettre en place des premiers essais cliniques. Les chercheurs expliquent avoir d’ores et déjà entamé des discussions avec des organismes de réglementation. D’abord sur des adultes, puis sur des enfants en cas de succès.

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