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Pourquoi n’avons-nous pas tous la même couleur de peau ?

Crédits : Pixabay.

Les humains se différencient physiquement, entre autres, par leur couleur de peau. De nombreux gradients sont observés, mais pourquoi exactement ces différences de couleurs ? Quelles pressions évolutives ont-elles mené certains à privilégier une peau claire, et d’autres à conserver une peau foncée ?

Vous l’avez remarqué : plus on se rapproche de l’équateur, plus les peaux sont foncées. Plus on se rapproche des pôles, plus les teintes sont claires. Cette évolution lente, qui trouve son origine il y a plusieurs dizaines de milliers d’années, a été guidée par les exigences de deux vitamines essentielles : le folate et la vitamine D. Nous devons garder l’équilibre : protéger le folate, une vitamine très importante sur le plan évolutif pour le développement fœtal, mais aussi produire de la vitamine D, qui facilite l’absorption du calcium. Mais revenons au “début”.

Hommes à fourrure

Il y a plusieurs millions d’années, nous étions comme nos cousins les chimpanzés et gorilles : recouverts de fourrure. Puis, au fil du temps et suite à l’apparition des prairies et savanes, nous avons peu à peu perdu nos poils. Essentiellement par souci de thermorégulation. Il y a de fortes chances qu’une fois nus, nous avions alors la peau pâle, comme nos cousins primates.

Mais il fait chaud en Afrique équatoriale. Une peau nue s’exposait alors à des rayons UV intenses toute l’année. Et le problème, c’est que le folate est détruite par ce “trop-plein” de rayonnement. Même si nous avions suffisamment de vitamine D, cette pression nous a donc mené à développer une peau plus foncée, qui minimise l’absorption des rayons UV.

Crédits : José A. Peñas/SINC – Licence CC 3,0

Vers le Nord

À un moment donné dans notre histoire donc, il y a fort à parier que nos ancêtres avaient tous la peau foncée. Mais l’Homme, habité par sa curiosité naturelle, ne s’est pas cantonné à l’Afrique équatoriale. Certains hommes, femmes et enfants ont commencé à migrer plus au nord, à des latitudes plus élevées, s’exposant donc à moins de lumière solaire. S’est alors développé le problème de la vitamine D.

Cette vitamine, la peau peut certes en produire, mais seulement sous certaines longueurs d’onde des rayons UV. En d’autres termes, plus on grimpe vers le nord, moins nous produisons de vitamine D. La peau s’est donc adaptée. Moins pigmentée, elle laisse ainsi entrer plus de rayons solaires.

À mesure que l’Homme se propageait à travers le monde, toute une gamme de couleurs de peau a donc évolué à différents moments, chez différentes populations, avec toujours ce souci d’équilibre évolutif (assez de lumière pour la vitamine D, mais pas trop pour ne pas détruire le folate). Si certains ont la peau claire et d’autres plus foncée, c’est simplement parce que nous sommes calibrés pour survivre à tout prix. Et la couleur de peau fut l’un des prix à payer.

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