in

La religion et la spiritualité peuvent-elles réduire les risques de dépression ?

Crédits : Pixabay

Une étude récente suggère que les croyances religieuses et/ou spirituelles réduisent le risque de dépression chez les personnes à risques familial. Et ce serait une question de substance blanche.

Religion et dépression

Peut-être est-ce l’espoir, la conviction “qu’autre chose” est à l’oeuvre, qu’un dessein est en place ? Toujours est-il que les croyances religieuses et/ou spirituelles semblent protéger de la dépression les individus les plus à risques. Beaucoup de facteurs peuvent entrer en jeu. En effet, nous savons que la génétique joue un rôle prépondérant dans le développement de signes dépressifs. Pour ces individus à haut risque familial, une croyance en la religion ou la spiritualité semble alors avoir un effet protecteur.

Une étude précédente avait révélé que les personnes qui estimaient que la religion ou la spiritualité leur importait beaucoup étaient protégées contre la dépression pendant cinq ans, alors qu’elles étaient exposées à un risque élevé en raison de leurs antécédents familiaux“, explique Dongrong Xu, de l’Université Columbia et du New York State Psychiatry Institute. “En raison de ces résultats, nous avons essayé de comprendre ce qui pourrait se produire dans le cerveau et aurait cet effet“.

Pour le savoir, Dongrong Xu et son équipe se sont appuyés sur un type de neuro-imagerie appelé imagerie du tenseur de diffusion. Ainsi, ils ont pu examiner la microstructure cérébrale de 99 personnes. L’idée consistait ici à étudier la quantité de substance blanche ou “matière blanche” dans chaque cerveau. Cette substance contient les circuits dont les cellules du cerveau ont besoin pour communiquer entre elles. Or, des recherches antérieures avaient déjà montré que son amincissement était un biomarqueur de la dépression cérébrale.

Un effet protecteur

Et les résultats de cette étude dont les détails sont publiés dans Brain and Behavior sont sans appel ! Après analyses des scans, le cerveau des personnes pieuses qui présentaient un risque familial élevé de dépression ressemblait davantage à celui de ceux dont le risque familial de dépression était faible.

Nos résultats suggèrent que la grande importance rapportée des convictions [de religion ou de spiritualité] pourrait avoir des effets sur l’intégrité de la substance blanche dans le lobe frontal bilatéral, le lobe temporal et le lobe pariétal, en particulier le précuneus bilatéral“, peut-on lire dans l’étude. “Alors que ces régions sont également associées à un risque de développer une dépression, la réorganisation de la substance blanche (chez les personnes pieuses) peut aider à protéger les individus contre le développement de la maladie“.

En d’autres termes, les personnes avec de forts antécédents familiaux dépressifs présentent une signature neuronale semblable à celle que l’on retrouve chez ceux à faible risque familial si elles ont un attachement à des croyances religieuses ou spirituelles. Ces convictions pourraient donc servir de mécanisme de compensation en cas de risques génétiques élevés.

religion spiritualité dépression
Les changements cérébraux liés à des croyances religieuses ou spirituelles pourraient conférer une résistance à la dépression. Crédits : Pixabay

Malgré tout, l’étude a des limites et d’autres recherches seront nécessaires pour confirmer ou non ces résultats. “Les croyances religieuses des gens peuvent changer au cours de leur vie. Cette étude était basée sur la mesure de la religiosité et de la spiritualité sur environ cinq ans seulement“, peut-on lire. “Les futures études pourraient vouloir utiliser des échantillons avec des mesures plus stables sur une période plus longue pour valider nos résultats. Bien entendu, tous les résultats nécessitent une réplication“.

Source

Articles liés :

Allez au cinéma et dans les musées (une fois par mois) pour vaincre la dépression

En manque de sommeil ? Attention à la malbouffe et à la dépression

La dépression à long terme altère le cerveau de façon permanente

La religion et la spiritualité peuvent-elles réduire les risques de dépression ?
noté 4 - 1 vote[s]