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L’utilisation excessive des réseaux sociaux est comparable à la toxicomanie

Une dépendance aux médias sociaux entraîne des prises de décisions plus risquées. Crédits : Pixabay

Une récente étude publiée suggère que l’utilisation excessive des médias sociaux entraîne des prises de décisions plus risquées. Une corrélation également observée avec les problèmes de toxicomanie.

Médias sociaux et dépendance

Les personnes souffrant de dépendance (drogues, alcool, jeux) ont tendance à prendre des décisions plus risquées que les autres. Ce lien est aujourd’hui bien connu et largement établi, mais qu’en est-il de la dépendance aux réseaux sociaux ? Une fréquentation excessive de ces médias peut-elle entraîner une dépendance, au point d’altérer la prise de décision ? C’est ce qu’ont tenté de comprendre des chercheurs américains de la Michigan State University. Les résultats de cette étude ont été publiés dans le Journal of Behavior Addictions.

« La prise de décision est souvent compromise chez les personnes atteintes de troubles liés à l’utilisation de substances. Elles échouent parfois à tirer les leçons de leurs erreurs et continuent sur la voie des résultats négatifs, explique Dar Meshi, principal auteur de l’étude. Mais personne n’avait auparavant examiné ce comportement en ce qui concerne les utilisateurs excessifs de médias sociaux. Même si nous n’avons pas recherché la cause d’une mauvaise prise de décision, nous avons testé sa corrélation avec l’utilisation problématique des médias sociaux ».

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Facebook, Twitter, Instragram… Une dépendance aux réseaux sociaux entraînerait des prises de décisions plus à risques. Crédits : Pixabay

Plus il y a dépendance, plus risquée est la prise de décision

Dans le cadre de cette étude, les chercheurs ont dans un premier temps évalué le degré de dépendance aux réseaux sociaux de 71 participants (sentiments lorsqu’ils étaient incapables de se connecter, impact de Facebook sur leur travail ou leurs études, etc.). Après avoir établi un profil pour chaque participant, les chercheurs leur ont ensuite fait passer le célèbre test “Iowa Gambling Task“, généralement utilisé par les psychologues pour identifier les différences de prise de décision entre des personnes en bonne santé et les toxicomanes.

Il est alors très nettement ressorti de ces tests que celles et ceux qui prenaient les décisions les plus à risques étaient également les mêmes qui présentaient une dépendance envers les médias sociaux. Moins les prises de décisions étaient risquées (plus sensées), et moins les personnes concernées semblaient fréquenter ces mêmes réseaux. Ces tests, plus précisément, présentent plusieurs jeux de cartes. Les personnes qui abusaient de Facebook, par exemple, faisaient en fait beaucoup plus de gros paris, et ce même en ayant conscience que cette prise de décision avait de grandes chances d’entraîner de lourdes conséquences.

« Environ un tiers des humains de la planète utilisent les médias sociaux »

Des résultats qui s’apparentent à ceux obtenus avec les toxicomanes. Les personnes qui consomment des drogues, par exemple, obtiennent des résultats similaires dans ces tests : plus il y a une dépendance, plus risquée est la prise de décision.

« Environ un tiers des humains de la planète utilisent les médias sociaux et certains d’entre eux affichent un usage excessif et inadapté de ces sites, poursuit le chercheur. Avec autant de personnes dans le monde qui utilisent les réseaux sociaux, il est essentiel que nous comprenions son impact sur les gens. Je pense que les médias sociaux présentent d’énormes avantages pour les individus. En revanche, il y a aussi un côté sombre à ne pas négliger. Nous espérons que nos résultats inciteront le secteur à prendre au sérieux la surutilisation des médias sociaux ».

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