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L’objet céleste le plus lointain jamais exploré pourrait avoir une lune

Une impression d'artiste du vaisseau spatial New Horizons de la NASA rencontrant MU69 2014, qui orbite 1,6 milliard de kilomètres au-delà de Pluton, le 1er janvier 2019. Avec la participation du public, l'équipe a choisi le surnom Ultima Thule. l'objet, qui sera le monde le plus primitif et le plus lointain jamais exploré par les engins spatiaux. Crédits: NASA / JHUAPL / SwRI / Steve Gribben

La NASA annonçait il y a quelques jours avoir survolé avec succès Ultima Thule, l’astéroïde le plus lointain jamais exploré par l’humanité. Mais une première question se pose, et la présence d’une lune (ou plusieurs) pourrait nous donner la réponse. Mais encore faut-il la trouver.

Le 1er janvier dernier, la sonde spatiale New Horizons survolait Ultima Thule, à plus de 6 milliards de kilomètres de la Terre. Une première approche, et des premières données. Nous savons désormais que l’objet (33 km de diamètre), se compose de deux petits astéroïdes qui fusionnèrent il y a plusieurs milliards d’années pour finalement former une espèce de « bonhomme de neige » cosmique. Une question se pose en revanche. Ces deux objets, au moment de leur fusion, effectuaient probablement une rotation toutes les 3 ou 4 heures environ. Or, les premières données de New Horizons suggèrent qu’il faut environ 15 heures à l’Ultima Thule pour effectuer une rotation complète. Comment est-ce possible ?

Présence d’une ou plusieurs lunes

« Comment ont-ils ralenti ? Eh bien, le meilleur moyen de comprendre cela est de savoir s’il y a une autre lune, ou deux ou trois, en orbite autour de ce système, explique Mark Showalter, co-chercheur sur la mission New Horizons au SETI (Search for Extraterrestrial Intelligence). Essentiellement, ce que ces lunes feraient, c’est freiner les deux corps au milieu, les ralentir en emportant le moment angulaire du duo ». La présence d’une ou plusieurs lunes pourrait donc expliquer la rotation d’Ultima Thule. Mais trouver des lunes aussi minuscules à des distances aussi lointaines n’est pas une mince affaire.

ultima thule nasa new horizon
Vue en couleurs composites de l’objet 2014 MU69, également connu sous le nom d’Ultima Thule, prise par la sonde spatiale New Horizons le 1er janvier 2019. Crédits : NASA

Éléments de réponse fin janvier

Les chercheurs ont d’ores et déjà exclu la présence de lunes de grande taille au-delà de 800 km d’Ultima Thule – ou à moins de 160 km de l’objet. Il reste donc une vaste zone à étudier, mais les prochaines données de la sonde ne devraient être réceptionnées que fin janvier (New Horizons ne peut en transmettre qu’environ 1 kilobit par seconde). Les chercheurs espèrent ainsi pouvoir trouver au moins une lune, expliquant ainsi la vitesse de rotation de l’objet. Si tel n’est pas le cas, cela ne signifiera pas pour autant qu’Ultima Thule n’a jamais accueilli de lunes. Il est en effet possible que celles-ci aient été présentes par le passé, avant de finalement s’éloigner et se perdre.

D’autres réponses devront être apportées par la sonde. On rappelle que l’objet se présente comme une véritable relique du système solaire formée il y a environ 4,6 milliards d’années. L’astéroïde a ainsi été parfaitement préservé de sa formation d’origine. Tout ce que pourrons apprendre de lui permettra de nous en apprendre davantage sur les conditions de formation d’origine de ces objets dans le système solaire.

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