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Les plus anciennes preuves de la présence de chiens en Amérique du Nord

Les restes d'un chien vieux de 10 000 ans retrouvés aux États-Unis. Crédits : DEL BASTON, CENTRE D'ARCHÉOLOGIE AMÉRICAINE

Une ré-analyse des restes de trois chiens retrouvés dans les années 60 enterrés dans l’Illinois suggère que les chiens domestiques étaient présents en Amérique du Nord il y a environ 10 000 ans. C’est pour l’heure la plus ancienne preuve de la présence de chiens domestiqués sur le continent.

Trois squelettes de chien découverts dans l’Illinois dans les années 1960 et 1970 ont récemment fait l’objet d’une ré-analyse avec les techniques modernes. Ces nouveaux travaux, dirigés par Angela Perri de l’Université de Durham, au Royaume-Uni, suggèrent aujourd’hui que ces chiens étaient présents sur le continent il y a environ 10 190 ans. C’est environ 1 000 ans plus tôt que les précédentes estimations (restes retrouvés au Texas, datés à environ 9 300 ans).

Ces trois spécimens sont également les plus anciens connus ayant été enterrés individuellement. Rappelons que nous estimons pour l’heure l’arrivée des premiers humains en Amérique du Nord il y a environ 15 000 ans. Ces chiens, domestiqués en Asie il y a au moins 16 000 ans, pourraient alors avoir suivi les Hommes traversant le détroit de Béring pour atteindre l’Alaska.

Arrivés encore plus tôt ?

« Les chiens peuvent avoir aidé des groupes de migrants en transportant des marchandises et des personnes, en servant d’aide à la chasse, en réchauffant le lit, en servant d’alarmes, en éloignant les prédateurs et en constituant une source de nourriture et de fourrure », peut-on lire dans l’étude. Il reste malgré tout un “trou” de 5 000 ans entre la présence humaine en Amérique du Nord (15 000 ans) et la présence de chiens domestiqués (10 000). Donc, soit les chiens sont effectivement arrivés plus tard, soit les preuves de leur présence plus tôt dans l’histoire n’ont pas encore été retrouvées.

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Les ossements d’un chien vieux de 10 000 ans retrouvés sur le site archéologique de Koster, dans l’ouest de l’Illinois. Crédits : Del Baston

Domestiqués, avant de disparaître

Concernant les trois canidés, les chercheurs n’ont déterminé aucune trace de dépeçage ni de marques portées sur les os. Cela – ajouté au fait ces chiens ont été délibérément enterrés – permet aux chercheurs de conclure aujourd’hui que ces animaux ont été domestiqués. Les analyses ont également montré que ces derniers se nourrissaient en grande partie de poissons d’eau douce. Côté morphologie, l’un des trois chiens, probablement une femelle, mesurait environ 50 centimètres de hauteur aux épaules et pesait entre 15 et 35 kilos. Les deux autres chiens semblaient quant à eux légèrement plus petits et plus légers.

Arrivés il y a environ 10 000 ans donc, avant de s’étendre dans tout le continent ensuite (les chiens domestiqués semblaient être présents un peu partout il y a environ 7 000 ans). Avant de finalement s’éteindre ? Une étude publiée il y a quelques semaines avait en effet conclu – après analyses ADN – que les chiens avaient tout simplement disparu du continent après le 15e siècle. « L’ancien chien américain semble avoir presque entièrement disparu, bien que personne ne semble avoir de bonnes raisons d’expliquer pourquoi », avait déclaré Elinor Karlsson, de l’Université du Massachusetts. On note que cette époque coïncide étrangement avec l’arrivée sur le sol américain des premiers Européens… Depuis, ils sont bien sûr revenus.

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