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Les baleines à bosse s’échangent parfois des compositions musicales

Les baleines à bosse chantent, et apprennent les chants des autres. Crédits : Pixabay

Une récente étude publiée dans la Royal Society Open Science nous invite à mieux comprendre comment les baleines à bosse intègrent à leurs propres compositions certains chants entendus chez d’autres populations.

Le partage des chants

Quand sonne l’heure de la parade chez les baleines à bosse, les mâles se mettent à chanter. Ces chants mélodieux et plaintifs, qui peuvent durer parfois plusieurs jours, sont généralement partagés par une seule et même population. Mais des échanges sont parfois opérés. De nouvelles recherches montrent en effet que deux populations de baleines à bosse dans l’hémisphère sud (atlantique sud et océan indien) entonnent des chants similaires, et ce malgré les distances qui les séparent. Les mâles de ces deux populations entrent ainsi en contact, d’une façon ou d’une autre, s’écoutent, et intègrent certaines compositions à leurs propres chants.

« Le partage des chants entre les populations a tendance à se produire davantage dans l’hémisphère nord. Il y a en effet moins d’obstacles physiques au déplacement des individus sur les aires de reproduction, où ils chantent en majorité, explique Melinda Rekdahl, de la Wildlife Conservation Society. Dans certaines populations de l’hémisphère sud, le partage des chants est plus complexe, avec peu de similarités au cours des années, mais des chants entiers peuvent parfois se propager aux populations voisines ». C’est notamment le cas ici, des deux côtés de l’Afrique.

baleine à bosse
Baleine à bosse. Crédits : pixabay

Transmission de thèmes

Les chercheurs expliquent ici avoir examiné des enregistrements de chants de baleines à bosse évoluant au large des côtes gabonaises et de Madagascar, des deux côtés du continent. Plus de 1 500 sons individuels ont au total été enregistrés entre 2001 et 2005. Tous les mâles d’une même population chantent généralement le même type de chants, mais il en ressort ici que des expressions et des thèmes étaient partagés dans les deux populations, malgré quelques différences. Pour vous donner un exemple, un thème consistait dans la version gabonaise en un “cri-woop” descendant, alors que du côté de Madagascar ce thème était en deux parties : un cri descendant suivi d’un “woop” séparé.

Par ailleurs, nous savons que chaque année, des sons différents et des arrangements orignaux entraînent la création de nouvelles “phrases” et de nouveaux thèmes. Ces changements sont peu à peu incorporés dans le chant, et d’autres éléments plus anciens disparaissent. Au fil du temps les chants évoluent, et au bout de quelques années, un chant se verra complètement différent que celui entendu quelques années auparavant. Ce qui est intéressant ici, c’est que ces changements subtils enregistrés chez l’une des deux populations étaient également opérés chez l’autre.

« Des études telles que celles-ci sont un moyen important de comprendre la connectivité entre différentes populations de baleines et leur déplacement entre différents paysages marins, note Howard Rosenbaum, directeur du programme Ocean Giants de la WCS. Des informations sur la manière dont différentes populations interagissent et sur les facteurs qui déterminent les mouvements de ces animaux peuvent conduire à des plans de conservation plus efficaces ».

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