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Il pourrait y avoir de la vie sur cette exoplanète proche, finalement

Impression d'artiste représentant l'étoile de Barnard et sa planète, une super-Terre située à seulement six années-lumière de la Terre. Crédits : ESO / M. Kornmesse

En novembre dernier, une équipe d’astronomes annonçait la découverte – à seulement 6 années-lumière de la Terre – d’une exoplanète proche évoluant autour de l’étoile de Barnard. Jugée au premier abord trop « fraîche » pour supporter la vie, une récente étude propose aujourd’hui que celle-ci pourrait quand même tenter sa chance.

L’étoile de Barnard est – après le système Alpha Centauri – l’étoile la plus proche du Soleil (6 années-lumière seulement). Cette étoile est une naine rouge, comme 75 % de toutes les étoiles de la Galaxie. Ces dernières sont connues pour leurs comportements instables, mais l’étoile de Barnard, deux fois plus vieille que le Soleil, semble quant à elle plutôt calme comparée à certaines. Avec l’âge, ces étoiles s’assagissent. Cet environnement pourrait-il alors favoriser l’émergence de la vie ?

Gelée en surface

L’étoile de Barnard est une naine rouge de faible masse et peu lumineuse. La planète, elle, environ trois fois plus massive que la Terre (il reste quand même un doute), en fait le tour tous les 233 jours. Cette orbite éloignée, ajoutée à la faible luminosité de l’étoile, laisse donc à penser que la planète serait complètement gelée. À l’époque, les chercheurs avaient donc soupçonné que ce monde glacé (il ferait -170 degrés Celsius en surface) ne pouvait supporter la vie. Une conclusion un peu prématurée, selon une récente étude.

Étoile Barnard exoplanète planète
Illustration de l’étoile de Barnard, à 6 années-lumière, et de sa planète en transit, probablement une Super-Terre. Crédits : European Southern Observatory / L. CALÇADA

L’espoir reste permis

Une équipe de chercheurs de l’Université Villanova (États-Unis) – qui vient de partager ses conclusions lors de la 233e réunion de l’American Astronomical Society tenue à Seattle – propose que des cheminées hydrothermales dégageant de la chaleur pourraient éventuellement permettre à la vie de s’épanouir sous la surface gelée de la planète. Si ce monde présentait un grand noyau de fer/nickel et une activité géothermique, des zones d’eau liquide, avec potentiellement des nutriments, pourraient subsister sous la surface, offrant un refuge au vivant.

Ces zones pourraient d’ailleurs s’apparenter aux lacs souterrains retrouvés en Antarctique, notent les chercheurs. Comme le lac Vostok par exemple, souterrain certes, mais qui abrite effectivement des formes de vie microbiennes isolées depuis des millions d’années.

De futures analyses menées grâce à la future génération de télescopes, comme le télescope spatial James Webb, pourraient permettre de mieux caractériser la masse de cette planète, dans le but de déterminer si oui ou non cette activité géothermique pourrait être possible. Si la planète est effectivement trois fois plus massive que la Terre, les chances restent ouvertes. Si elle est plus lourde, il est fort probable que la planète ne soit plus rocheuse mais gazeuse, à l’instar d’Uranus ou Neptune, inhospitalière à la vie.

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