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Un premier mystère entourant Ultima Thule, à 4 milliards de kilomètres du Soleil

Une impression d'artiste du vaisseau spatial New Horizons de la NASA rencontrant MU69 2014, qui orbite 1,6 milliard de kilomètres au-delà de Pluton, le 1er janvier 2019. Avec la participation du public, l'équipe a choisi le surnom Ultima Thule. l'objet, qui sera le monde le plus primitif et le plus lointain jamais exploré par les engins spatiaux. Crédits: NASA / JHUAPL / SwRI / Steve Gribben

New Horizons de la NASA est en route vers Ultima Thule, et devrait arriver sur place le jour du Nouvel An. Mais les mystères n’attendent pas : une première anomalie déroute les astronomes, dans la façon dont Ultima Thule réfléchit la lumière.

Le 1er janvier prochain, la sonde New Horizons de la NASA commencera à transmettre les premières données concernant Ultima Thule, un astéroïde évoluant à 4 milliards de kilomètres de la Terre dans la ceinture de Kuiper. Mais à quelques jours de son arrivée, une première question se pose : pourquoi n’y a-t-il aucune modification périodique de la luminosité d’Ultima lors de sa rotation ? La surface de l’objet, qui fait face au Soleil, devrait en effet présenter des variations répétées de luminosité. Or ce n’est pas le cas. Pourquoi ?

Ultima Thule
Ultima Thule vu par New Horizons le 16 août 2018. Les formes qui l’entourent sont des étoiles lumineuses à l’arrière-plan. Crédits : NASA/JHUAPL/SwRI, via Wikipédia

« Je ne m’attendais pas à ça »

« C’est vraiment un casse-tête, explique dans un communiqué Alan Stern, responsable de la mission. J’appelle cela le premier casse-tête d’Ultima. Pourquoi a-t-il une courbe de lumière si petite que nous ne pouvons même pas le détecter ? Je m’attendais à ce que les images de survol détaillées à venir nous livrent beaucoup plus de mystères, mais je n’étais pas préparé à ça, dit-il. En tout cas pas si tôt ».

Plusieurs hypothèses pourraient néanmoins expliquer cette absence de variations de la luminosité. La première suggère que le pôle de rotation d’Ultima Thule pointe en fait vers la sonde à mesure que celle-ci se rapproche. C’est un peu comme regarder un manège tourner, mais d’en haut. L’objet tourne comme prévu, mais ne montre qu’un seul pôle réfléchissant face à la sonde. Dans ce cas, il suffirait de décaler Ultima Thule de sa trajectoire pour confirmer l’explication (mais ce n’est pas possible).

« Une autre explication, propose Mark Showalter de l’Institut SETI, est qu’Ultima peut être entourée d’un nuage de poussière qui obscurcit sa courbe de lumière ». Une source de chaleur serait néanmoins nécessaire pour produire ce nuage poussiéreux. Le Soleil étant très, très loin, à 4 milliards de kilomètres, cette explication est sur le papier possible – mais donc très peu probable.

La dernière hypothèse suggère que l’astéroïde est en fait entouré d’une multitude de petites lunes, chacune réfléchissant la lumière entrante du Soleil. L’idée serait que toutes ces lumières finissent par se superposer et se confondre, pour finalement ne présenter qu’une seule et même lumière à New Horizon. Si tel est effectivement le cas, alors ce phénomène serait inédit. Réponse probablement dans quelques jours.

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