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À l’avenir, la nourriture sera beaucoup moins nutritive

Crédits : rawpixel/Pixabay

L’augmentation des niveaux de dioxyde de carbone semble rendre certaines plantes beaucoup moins nutritives qu’auparavant. À l’avenir, les principales cultures pourraient ne pas donner suffisamment “d’essence” au corps humain.

Plusieurs recherches ont déjà montré que certaines cultures, comme le blé ou le soja, contiennent beaucoup moins de protéines, de zinc et de fer lorsqu’elles sont cultivées avec les niveaux de dioxyde de carbone prévus d’ici 2050. Une récente étude, publiée dans Science Advances, révèle que c’est également le cas pour 18 souches de riz. Les chercheurs se sont ici concentrés sur les vitamines du groupe B, telles que la riboflavine, qui permet de décomposer les aliments en énergie, et le folate, qui permet le développement du fœtus. Exposées aux niveaux de dioxyde de carbone attendus en 2050, ces vitamines ont vu leur concentration chuter de 30 %. Comment est-ce possible ?

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Blé, soja, riz, les cultures seront moins nutritives à mesure que les températures continueront de grimper. Crédits : iStock

Des “calories vides” pour les plantes

Le dioxyde de carbone reste en effet la principale source de nourriture des plantes. Ainsi exposées à davantage de dioxyde de carbone, il n’est pas interdit de penser que les plantes pourraient grandir et grossir plus vite, maximisant ainsi au passage leur apport en nutriments. Mais c’est un raccourci un peu court. Nous pourrions comparer cet excès de dioxyde chez les plantes à l’excès de glucides chez les Hommes. Si vous mangez trop de glucides, votre corps ne pourra pas suivre la cadence pour transformer les nutriments. L’excès se transforme alors en graisses. Vous prenez ainsi du poids, tout en minimisant votre apport en nutriments. Chez les plantes, c’est la même chose.

L’excès de dioxyde de carbone agit en effet comme des “calories vides”. Les plantes deviennent alors de plus en plus grosses, certes, mais beaucoup moins riches en nutriments. Et les implications négatives sont énormes. D’autant plus lorsque l’on considère les niveaux de dioxyde de carbone attendus au cours des 30 prochaines années.

Déjà présents, les problèmes de malnutrition vont s’intensifier

On estime aujourd’hui à environ deux milliards le nombre de personnes dans le monde souffrant de “faim cachée”. En d’autres termes, près d’un humain sur trois consomme suffisamment de calories, mais présente en même temps des carences nutritionnelles (fer, zinc, calcium et magnésium principalement). La plupart de ces personnes évoluent dans les pays les plus pauvres. Ces nutriments sont pourtant essentiels. Si nous mettons du gasoil dans un moteur à essence, le moteur lâche. C’est un peu la même chose pour le corps humain, qui est en revanche une machine bien plus complexe. Si l’on ne met pas les bons ingrédients dans le moteur, alors d’importants problèmes de santé se développent.

On rappelle que la population mondiale augmente. Nous pourrions être plus de 9 milliards d’ici à 2050. La demande alimentaire sera donc beaucoup plus importante, tout comme les besoins nutritionnels. Et parallèlement, les niveaux de dioxyde de carbone devraient encore évoluer. Si nous ne voulons pas mourir de faim tout en étant obèses, des mesures drastiques doivent donc être entreprises pour stopper les émissions de gaz à effet de serre. À côté de ça, nous devrions également être menés à repenser notre façon de nous nourrir. Auquel cas la malnutrition pourrait faire davantage de ravages.

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