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L’avertissement des chercheurs : “Notre vie aquatique baigne dans une soupe d’antidépresseurs”

La vie aquatique baigne littéralement dans une "soupe d'antidépresseurs". Crédits : Domaine Public

De plus en plus prescrits et consommés, les antidépresseurs semblent présenter un réel danger pour la biodiversité. Une fois évacués par nos corps puis rejetés dans l’environnement, leurs agents biochimiques affectent en effet l’ensemble de la vie aquatique, révèle une étude publiée dans le BJPsych Bulletin.

Le monde occidental est un grand consommateur d’antidépresseurs. Des millions de personnes sont en effet concernées (la France est le pays qui en consomme le plus en Europe). Certains agents biochimiques permettent effectivement à de nombreuses personnes de se sentir mieux, ne traitant pas la dépression, mais permettant d’en supporter certains effets. Mais il ressort aujourd’hui des conséquences environnementales insoupçonnées, ou du moins sous-évaluées. Selon une récente étude menée par des chercheurs de l’Université de Portsmouth, au Royaume-Uni, les antidépresseurs terminent dans les eaux une fois évacués, affectant la vie aquatique.

« Notre vie aquatique baigne dans une soupe d’antidépresseurs, explique en effet le biologiste marin Alex Ford, de l’Institut de biologie marine de Portsmouth et principal auteur de l’étude. Les antidépresseurs et les anxiolytiques se retrouvent partout, dans les eaux usées, les eaux de surface, les eaux souterraines, l’eau de boisson, le sol et s’accumulent dans les tissus de la faune ».

Problème : les effets de tels agents se font très vite ressentir. « Des études en laboratoire rapportent des changements dans la façon dont certaines créatures se reproduisent, grandissent. On observe des changements dans leur vitesse de maturation, leur métabolisme, leur immunité, leurs habitudes alimentaires, leur façon de se déplacer, leur couleur et leur comportement », poursuit le chercheur.

Ainsi, la vie aquatique serait tout simplement “droguée” tout au long de son cycle de vie. Les chercheurs appellent à ce que davantage de recherches soient faites au sujet des prescriptions de psychotropes et de leurs risques pour l’environnement. Ils proposent également une mise à niveau de toutes les stations d’épuration des eaux usées qui ne seraient pas conformes à la réglementation de l’UE. De même, ils invitent les patients à ne plus jeter leurs médicaments non usagés et à les rapporter en pharmacie. Les scientifiques encouragent aussi vivement les fabricants à mettre en place des moyens visant à favoriser leur décomposition en toute sécurité.

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