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Protection de la biodiversité : la balle est dans le camp des politiques !

Crédits : Donarreiskoffer / wikipedia

La protection de la biodiversité dans le contexte climatique, écologique et environnemental actuel est de devenue un enjeu majeur pour le monde d’aujourd’hui. Beaucoup pensent que les discours scientifiques ne font qu’alimenter la peur, sans proposer des solutions concrètes. Mais, un communiqué de presse du CNRS de ce 10 septembre 2018 indique qu’une étude poussée d’une de leurs équipes montre un tout autre visage des discours scientifiques.  En effet, de nombreuses solutions sont suggérées, mais les politiques doivent maintenant les mettre en place, en acceptant d’éviter parfois les concessions qui prôneraient l’exploitation des ressources.

Quel est le but de cette étude ?

Durant les années 2000 à 2015, 12 971 travaux ont été publiés par les biologistes de la conservation. La science de la conservation est une discipline qui étudie toutes les questions concernant le maintien, la restauration ou encore la perte de la biodiversité. Cette science est d’autant plus intéressante qu’elle mêle écologie, biologie et génétique des populations, ainsi qu’anthropologie, sociologie, économie et philosophie.

Des chercheurs du CNRS ont donc entrepris d’analyser tous ces articles, de les classer, et de s’interroger sur leurs pertinences. Au fil de leur étude, ils ont trié toutes les publications, en mettant d’abord de côté celles concernant les débats propres à cette discipline, sans fort intérêt pour le grand public. Ensuite, 3 grandes autres catégories se sont révélées : celles traitant de l’état de la biodiversité, puis des menaces qu’elle subit, et celles qui délivraient des solutions de conservation. Ainsi, le but des chercheurs était d’éclaircir et de faire un “bilan” de toutes les études menées précédemment sur ce sujet.

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vautour fauve
Vautour fauve
Crédits : Guy MAGRIN / flickr

Que nous apportent les résultats de cette étude ?

Premièrement, il s’avère que les menaces qui accablent la biodiversité sont les mêmes depuis près de 30 ans ! En effet, la fragmentation des habitats, la surexploitation des ressources, l’introduction d’espèces nocives et invasives, et l’extinction de masse des espèces subissant tout ces facteurs ne sont pas des risques qui datent d’hier. Et aujourd’hui, le changement climatique s’ajoute à tout cela. Laurent Godet, co-auteur de cette étude, ajoute que «de ce point de vue, il est tout simplement malhonnête de mettre en avant un défaut de connaissance comme argument pour sans cesse repousser la mise en place de mesures de conservation».

Deuxièmement, les résultats des articles scientifiques étudiés expliquent que nous sommes bien dans une crise environnementale majeure. Mais les conclusions ne sont pas toutes alarmantes ni satisfaisantes, elles rendent compte de la réalité des faits étudiés. En effet, plus de la moitié présentait un mauvais état, ou potentiellement mauvais, mais très peu de résultats était potentiellement bons.

Troisièmement, beaucoup de ces études montrent que des espaces protégés avec des gestions pouvant concilier environnement et activité humaine sont possibles. Mais pour cela, il faut tout de même que nous n’exploitions pas les ressources du milieu, comme nous avons tendance à le faire.

Au cours des dernières années – dans certains coins de l’Europe – il y a eu un regain de biodiversité grâce à des réintroductions d’espèces qui ont fonctionné avec succès. C’est le cas dans les Cévennes, avec le retour du Vautour fauve.

Mais spontanément, et sans que l’Homme intervienne, d’autres espèces ont pu faire leur retour comme le loup ou encore le lynx.

Lynx
Lynx
Crédits : HE1958 / Pixabay

Les scientifiques donnent des solutions, mais qu’en font les politiques ?

Cette étude démontre donc qu’il existe de réelles solution durables et viables pour la préservation de la biodiversité, sans pour autant stopper toutes les activités humaines. Laurent Godet, ne manque pas d’interpeller les politiques en affirmant qu’en «matière environnementale, nous faisons face à des politiques de petits pas très largement insuffisantes. Alors que la plupart des propositions des scientifiques sont a minima des intérêts environnementaux, elles sont souvent ensuite vidées de leur substance dans des compromis qui n’ont pas grand sens».

Et il se montre encore plus insistant envers les politiques, en garantissant qu’il faut «accepter qu’il puisse y avoir des oppositions, des conflits et des arbitrages difficiles. Concrètement que la sauvegarde de la biodiversité impose des choix qui ne peuvent pas toujours être en même temps favorables à l’exploitation. Notre étude démontre que les scientifiques font leur travail. Aux politiques de faire le leur !».

Sources : CNRS – CNRS le journal

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