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La science pourrait bientôt faire tomber les trafiquants d’ivoire

Crédits : iStock

Le trafic d’ivoire est à ce jour l’un des plus grands fléaux pesant sur notre planète. Si la traque des braconniers reste une entreprise compliquée, la science pourrait bientôt faciliter les choses. Une équipe de chercheurs explique en effet avoir mis au point un nouvel outil d’analyses ADN permettant de retracer les parcours empruntés par les cartels.

Coincer les braconniers sur le fait est quasiment impossible : les zones paraissent immenses, et les stratégies sont bien huilées. Comment alors s’y prendre pour enrayer la machine et condamner les responsables ? Une équipe de chercheurs de l’Université de Washington (États-Unis) explique aujourd’hui être capable de retracer les zones de vie de ces éléphants décédés. Le tout est fait à partir d’analyses ADN prélevées sur l’ivoire saisi dans différents pays sur la période 2011-2014. Ce faisant, les chercheurs ont été en mesure d’établir une sorte de carte révélant les principaux chemins empruntés par les braconniers jusqu’aux acheteurs. Les détails de l’étude sont rapportés dans la revue Scientific Advances.

«On pourrait penser que nous ne parvenons pas à stopper le braconnage parce que les zones concernées sont trop nombreuses», explique Samuel Wasser, principal auteur de l’étude, qui oeuvre contre le trafic d’ivoire depuis de nombreuses années. «Or notre travail montre que c’est exactement l’inverse. L’ivoire saisi provient d’un nombre très limité de zones, qui n’ont changé que très lentement sur la dernière décennie. Ce qui me semble particulièrement important en reliant les saisies les unes aux autres, c’est d’avoir réussi à dessiner une carte précise du trafic, poursuit-il. Nous pouvons maintenant suivre l’argent et ainsi construire un dossier extrêmement solide en cas d’arrestation».

Grâce à ce nouvel outil, les chercheurs expliquent avoir ainsi identifié ce qui semble être les trois plus grands cartels de contrebande en Afrique. Ils sont basés à Mombasa au Kenya, à Entebbe en Ouganda et à Lomé au Togo. En espérant que ces enquêtes mèneront à des arrestations s’appuyant sur des preuves solides. Pour l’heure, les recherches continuent.

Rappelons que chaque année encore, près de 30 000 éléphants sont tués pour leurs défenses, revendues très chères sur le marché asiatique et européen, rapporte le WWF. Il en resterait aujourd’hui moins de 50 000 à l’état sauvage.

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