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Les chercheurs alertent : les bactéries deviennent résistantes aux désinfectants hospitaliers

Crédits : Pixabay / Gadini

Les désinfectants à base d’alcool utilisés par les hôpitaux pour prévenir les infections deviennent de moins en moins efficaces, alerte une étude. De nouvelles stratégies doivent être mises en place.

Dans la vie, ceux qui s’adaptent survivent, même (et surtout) les bactéries. En témoigne cette nouvelle étude, qui note que les désinfectants hospitaliers à base d’alcool sont de moins en moins efficaces contre les superbactéries. Un groupe particulier de bactéries, connu sous le nom d’entérocoques résistant à la vancomycine (ERV), semble en effet avoir muté pour empêcher l’alcool de le faire tomber dans l’oubli. S’il n’est pas encore temps d’abandonner le désinfectant, les chercheurs soulignent néanmoins le fait que de nouvelles stratégies doivent être repensées dès aujourd’hui.

« Ce n’est pas la fin de l’hygiène des mains dans les hôpitaux, c’est l’une des procédures de contrôle des infections les plus efficaces que nous ayons mises en place dans le monde », explique Tim Stinear, microbiologiste moléculaire de l’Institut Peter Doherty en Australie. « L’OMS le recommande. Mais nous ne pouvons pas compter uniquement sur les désinfectants à base d’alcool. Pour certaines bactéries, comme les ERV, nous aurons besoin de procédures et de politiques supplémentaires pour les hôpitaux, poursuit-il Il s’agira de régimes de super nettoyage, qui comprennent des désinfectants alternatifs à base de chlore ».

Les chercheurs ont ici testé 139 échantillons de Enterococcus faecium, l’une des principales causes d’infections dans les hôpitaux. Ils ont été prélevés sur des patients avant et après l’adoption généralisée d’un désinfectant pour les mains à base d’alcool dans les hôpitaux australiens, couvrant une période allant de 1997 à 2015. Après avoir été exposées à une solution d’alcool désinfectant, il a été constaté que les bactéries recueillies après 2010 étaient dix fois plus tolérantes à la substance.

Une analyse génétique supplémentaire des bactéries résistantes à l’alcool a également révélé que celles-ci avaient développé des mutations dans des gènes spécifiques liés au métabolisme cellulaire. Cependant, la résistance à l’alcool semblait avoir une base génétique différente de la résistance des bactéries aux antibiotiques en général.

Notons que le groupe des bactéries ERV reste particulièrement dangereux pour les patients sous antibiotiques, chez qui la flore intestinale est perturbée. En d’autres termes, certaines des personnes les plus malades à l’hôpital sont les plus à risques.

Vous retrouverez tous les détails de cette étude dans la revue Science Translational Medicine.

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