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L’Angleterre ouvre la porte aux bébés génétiquement modifiés

Crédits : iStock

En Angleterre, les parents pourraient bientôt éditer les gènes de leurs enfants avant leur naissance en changeant leur ADN. Cela pourrait être fait de manière à améliorer leur santé et à perfectionner leurs sens, leur force ou même leur intelligence.

Mardi dernier, une importante organisation de bioéthique au Royaume-Uni – le Nuffield Council of Bioethics – publiait un rapport concluant que dans certaines circonstances, il pourrait être éthiquement acceptable de modifier génétiquement les humains. Notons que l’utilisation de CRISPR – l’outil d’édition génétique – sur l’embryon modifie non seulement l’embryon concerné, mais apporte aussi des changements définitifs à tous les descendants. Sans surprise, le rapport suscite déjà la polémique.

La capacité d’éditer le code ADN n’est pas nouvelle. Mais la découverte de l’outil d’édition génétique CRISPR il y a quelques années a changé la donne. Ce dernier peut couper des parties spécifiques du code génétique et les remplacer par de nouveaux segments, ce qui pourrait permettre aux scientifiques d’éliminer les maladies ou de donner de nouvelles caractéristiques aux gens. L’utilisation de CRISPR est par ailleurs beaucoup moins coûteuse et plus précise que les méthodes précédentes d’édition de l’ADN : elle révolutionne ainsi fondamentalement notre capacité à réécrire le code de la vie.

En utilisant CRISPR, les chercheurs pourraient alors potentiellement modifier les gènes dans les spermatozoïdes, les œufs ou les embryons. Les embryons édités pourraient ensuite être implantés dans un utérus via un processus de reproduction assistée comme la fécondation in vitro. Les bébés nés porteraient alors ces gènes édités tout au long de leur vie – et les transmettraient même à leurs enfants.

L’objectif principal est de faire en sorte que les enfants ne puissent pas naître avec une maladie génétique débilitante ou mortelle. L’édition de gènes pourrait également s’avérer utile dans un monde avec un climat changeant, ou si nous décidons d’essayer de créer des colonies dans l’espace ou sur Mars. Ce que certains redoutent, c’est que ces outils soient utilisés pour améliorer les sens ou les capacités, créant ainsi des « humains améliorés ». En ce sens, les auteurs du rapport notent que la vaste gamme de futures possibilités d’édition génétique implique le fait que nous devons établir un cadre éthique dès maintenant.

Pour les auteurs, l’édition d’ADN ne devrait être acceptable que lorsque certaines conditions sont remplies : le bien-être physique et social des personnes génétiquement éditées devra être protégé et les modifications ne devraient améliorer que la santé de l’individu concerné. Il est également important de veiller à ce que les humains “édités” soient traités de la même manière que les autres dans la société et ne soient pas discriminés. L’édition d’embryons humains « ne serait acceptable sur le plan éthique que si elle était réalisée conformément aux principes de justice sociale et de solidarité ».

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