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Une nouvelle technique non invasive et très prometteuse a été développée pour corriger la vision

Crédits : Pxhere

Selon certaines estimations, environ 2,5 milliards de personnes dans le monde pourraient être touchées par la myopie d’ici 2020. Ce défaut de vision touche une bonne partie de la planète : une méthode non invasive pour y remédier serait donc la bienvenue.

Les lunettes et les lentilles de contact sont des solutions simples. La chirurgie cornéenne en est une autre. Si le taux de réussite de cette dernière est relativement élevé, la procédure est néanmoins invasive et sujette à des complications post-chirurgicales – et dans de rares cas amène une perte de vision permanente. Sinisa Vukelic, de l’Université de Columbia (États-Unis), a mis au point une nouvelle approche non invasive utilisant un oscillateur femtoseconde, un laser ultrarapide qui délivre des impulsions de très faible énergie à un taux de répétition élevé. Cette technique effectue une altération sélective et localisée des propriétés biochimiques et biomécaniques du tissu cornéen. Le laser, qui modifie la géométrie macroscopique du tissu, entraînerait également moins d’effets secondaires et de complications que ceux observés dans les chirurgies réfractives. Les patients présentant des cornées minces, des yeux secs et d’autres anomalies ne peuvent en effet pas encore s’appuyer sur cette chirurgie invasive.

«Nous pensons que notre étude est la première à utiliser ce régime de sortie laser pour le changement non invasif de la courbure cornéenne ou le traitement d’autres problèmes cliniques», explique le chercheur. La composante essentielle de cette nouvelle approche est qu’elle provoque la ionisation des molécules d’eau dans la cornée. Cette ionisation crée une espèce d’oxygène réactif (un type de molécule instable qui contient de l’oxygène et qui réagit facilement avec d’autres molécules dans une cellule), qui à son tour interagit avec les fibrilles de collagène pour former des liaisons chimiques. L’introduction sélective de ces liaisons croisées induit des changements dans les propriétés mécaniques du tissu cornéen traité.

Lorsque sa technique est appliquée au tissu cornéen, la réticulation altère les propriétés du collagène dans les régions traitées, ce qui entraîne finalement des changements dans la macrostructure globale de la cornée – sans dégrader le tissu cornéen. «La chirurgie réfractive existe depuis de nombreuses années, et bien qu’elle soit une technologie mature, le domaine recherche depuis longtemps une alternative viable et moins invasive», explique Leejee H. Suh, professeure agrégée d’ophtalmologie à la Columbia University Medical Center, qui n’était pas impliquée dans l’étude. «Cette nouvelle approche est très prometteuse, et pourrait représenter une avancée majeure dans la lutte contre cette pandémie mondiale de myopie».

L’équipe de scientifiques construit actuellement un prototype, et prévoit de commencer les essais cliniques d’ici la fin de l’année. Elle cherche également à développer un moyen de prédire le comportement cornéen en fonction de l’irradiation laser. Si les chercheurs savent comment se comportera la cornée, ils seront en mesure de personnaliser le traitement : ils pourraient alors scanner la cornée d’un patient, puis utiliser un algorithme pour effectuer des changements spécifiques à celui-ci afin d’améliorer sa vision.

Vous retrouverez tous les détails de cette étude dans la revue Nature Photonics.

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