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Pour trouver des extraterrestres, cherchez des satellites !

Crédits : ESA

Au lieu de rechercher des mégastructures extraterrestres, nous devrions nous focaliser sur des satellites et autres débris spatiaux en orbite autour d’exoplanètes lointaines, suggère un chercheur. Selon lui, des flottes suffisamment denses de satellites en orbite géosynchrone autour d’exoplanètes devraient être détectables à partir de la Terre en utilisant les technologies actuelles.

Hector Socas-Navarro, astronome à l’Institut d’Astrophysique des Canaries et unique auteur de cette nouvelle étude, en est persuadé : nous pourrions déceler la présence de flottes de satellites et de débris spatiaux autour d’exoplanètes en utilisant la méthode de détection du transit  actuellement utilisée pour détecter de nouvelles exoplanètes. Le chercheur fait en effet valoir qu’un anneau de satellites qui s’accumulent devrait produire une baisse de la courbe de lumière significative de l’étoile hôte. Une stratégie qui de ce fait pourrait nous aider à trouver des civilisations étrangères à un niveau de développement technologique similaire au nôtre.

En utilisant la méthode du transit, les astronomes ont détecté des centaines d’exoplanètes au cours des trois dernières décennies. Nous pouvons également aujourd’hui discerner les éléments chimiques présents dans les atmosphères de ces mondes lointains. Les prochains lancements des télescopes James Webb, Giant Magellan ou encore du télescope européen Extremely Large devraient également préciser davantage ces découvertes. Mais pour le chercheur, ces outils pourraient aussi être utilisés pour rechercher des satellites artificiels et des débris spatiaux en orbite géostationnaire autour d’exoplanètes (à environ 35 000 km d’altitude).

« Ces objets ne nécessiteraient aucune technologie que nous n’avons pas, souligne le chercheur, seulement une utilisation plus étendue de l’espace orbital. Peut-être que leur civilisation est plus ancienne que la nôtre et a eu plus de temps pour la peupler ? » Pour qu’une telle « ceinture » soit détectable depuis la Terre, il faudrait qu’elle soit suffisamment épaisse et contienne de vastes flottes de satellites et de débris spatiaux. À cette fin, le chercheur a effectué quelques simulations pour déterminer l’épaisseur ou l’opacité de ces bandes afin de produire une signature de courbe de lumière détectable. Ses calculs ont montré qu’il devrait par exemple être possible de déceler ce genre de signal autour de Proxima B et autour de plusieurs planètes dans le système TRAPPIST-1. Cette éventuelle « signature » serait alors différente d’une bague naturelle, comme les anneaux autour de Saturne.

Notre propre ceinture de Clarke, qui se compose de satellites géostationnaires et géosynchrones, n’est pas suffisamment dense pour être détectable à des distances interstellaires, note le chercheur. À l’heure actuelle, environ les deux tiers de nos satellites sont en orbite terrestre basse (LEO) – soit entre 160 et 2 000 km au-dessus de la surface. Cette distance rend la détection nos satellites pratiquement impossible pour une civilisation extraterrestre. En revanche, la densité des satellites en orbite géostationnaire croît à un rythme exponentiel, et compte tenu de son taux de croissance actuel, notre ceinture de Clarke devrait être détectable dans environ 180 à 200 ans, selon le chercheur.

Ainsi, fait intéressant – et peut-être inquiétant – cela signifie que notre civilisation pourrait éventuellement être détectable d’ici les 200 prochaines années. Évidemment, cette extrapolation ne doit pas être considérée comme une prédiction.

Vous retrouverez tous les détails de cette étude dans The Astrophysical Journal.

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