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Les carnets de voyage récemment publiés d’Einstein révèlent des propos racistes et sexistes

Crédits : Pixabay

La publication en mai dernier des carnets de voyage du physicien théoricien Albert Einstein par la Princeton University Press nous en apprend un peu plus sur sa personnalité.  Et il s’avère qu’Einstein semblait tenir en secret des propos racistes et sexistes.

En 1946, Albert Einstein se tenait devant les étudiants de l’un des plus anciens collèges historiquement noirs des États-Unis, et dénonçait l’oppression des Afro-Américains. « Il y a une séparation entre les gens de couleur et les Blancs aux États-Unis, disait-il. Cette séparation n’est pas une maladie des gens de couleur, c’est une maladie des Blancs, et je n’ai pas l’intention de me taire ». En tant que scientifique juif ayant connu l’antisémitisme en Allemagne, Einstein a toujours montré une profonde sympathie pour la communauté noire en Amérique. À tel point que le FBI le plaça sous surveillance, comptabilisant près de 1500 pages de documents sur lui au moment de sa mort.

Mais Einstein avait-il une autre facette ? Les carnets de voyage écrits au cours d’un séjour de cinq mois et demi en Chine, à Singapour, Hong Kong, au Japon et en Espagne entre 1922 et 1923 révèlent que, dans ses moments privés, le physicien titulaire du prix Nobel décrivait les gens d’autres nationalités, comme les Chinois, de façon stéréotypée et déshumanisante. « Les Chinois sont des personnes industrieuses, sales et obtuses. Ils ne s’assoient pas sur les bancs pour manger, ils s’accroupissent comme les Européens qui se soulagent dans les bois. Tout ça se passe dans le silence et la pudeur. Même les enfants sont sans âmes et obtus », lit-on dans un des extraits de ses carnets de voyage. Ils sont pour lui une « nation bizarre semblable à un troupeau, souvent plus comme des automates que comme des gens ».

« Les réflexions non filtrées d’Einstein montrent que même cette icône des droits civiques nourrissait des pensées racistes sur ceux qui ne lui ressemblaient pas », a déclaré Ze’ev Rosenkranz, rédacteur en chef et directeur adjoint du projet Einstein Papers au California Institute of Technology (États-Unis). « Les commentaires racistes et xénophobes dans ses récits sont à l’opposé de son image d’icône humaniste. C’est un choc de lire ses pensées et de les comparer à ses déclarations publiques. Il ne s’attendait pas à ce qu’on les publie ».

Quant au « Japonais moyen », écrivait Einstein, il est « sans problème, impersonnel, il remplit joyeusement la fonction sociale qui lui revient sans prétention, fier de sa communauté et de sa nation, il ne va pas saper sa fierté nationale en abandonnant ses méthodes traditionnelles en faveur des Européens ».

Alors qu’Einstein utilisait des pronoms masculins pour des réflexions plus profondes sur les Japonais, ses pensées sur les femmes portaient plus sur leur apparence physique que sur leur personnalité. Les femmes japonaises, écrivait-il en les observant sur le bateau, « ont l’air ornées et désorientées… Les yeux noirs, les cheveux noirs, la tête grande, se dépêchant ».

« Ces publications nous permettent d’en savoir un peu plus sur la personnalité des célébrités, note Ewan Palmer, de Newsweek. Pour Einstein, c’est vraiment intéressant de voir une telle différence entre l’image publique et la réalité historique ».

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