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Il y a 3 000 ans, un cheval de haut rang était enterré dans la vallée du Nil

Crédits : Schrader et al./Antiquity Journal, doi.org/10.15184/aqy.2017.239

Il y a plus de 3 000 ans dans la vallée du Nil, un corps était soigneusement préparé pour un enterrement cérémoniel, enveloppé dans un linceul, placé dans une tombe et entouré d’objets importants, signes d’un statut de haut rang. Ce corps, c’était celui d’une jument.

La dépouille fut découverte en 2011 à Tombos, dans la vallée du Nil, dans l’actuel Soudan, considérée peu après 1 500 avant J.-C. comme une importante communauté nubienne, fraîchement retirée de la domination égyptienne. De nombreux artefacts ont été mis à jour à Tombos, dont un complexe de tombes, une chapelle, une pyramide, et un puits menant à plusieurs chambres souterraines — de véritables tombeaux « d’élite », peut-on lire dans une étude publiée dans le Antiquity Journal. Les quatre chambres funéraires contenaient notamment des restes humains d’environ 200 personnes représentant plusieurs générations, ainsi que de la poterie, des outils et des objets décoratifs.

Cependant, le tombeau ne contenait que très peu de restes d’animaux, excepté un cheval, retrouvé enterré à 1,5 mètre de profondeur sous la chapelle. Une « mise en bière » qui surprit Michelle Buzon, du Département d’Anthropologie de l’Université Purdue, et co-auteure de l’étude : « Il était clair que le cheval fut enterré de manière intentionnelle. C’est fascinant », explique-t-elle.

La dépouille de la jument découverte en 2011 à Tombos, dans la vallée du Nil

Des morceaux de fourrure marron avec des marques blanches s’accrochaient encore aux pattes postérieures de l’animal. Les chercheurs ont également retrouvé les restes pourris d’un linceul permettant de dater l’enterrement à entre 1 005 et 893 avant J.-C., peut-on lire. Autour du squelette se trouvaient d’autres artefacts, y compris un scarabée sculpté et un morceau de fer — probablement une partie du harnais placé sur la tête du cheval permettant de le diriger.

Après avoir examiné les dents et les os de l’animal, les scientifiques ont déterminé qu’il s’agissait d’une jument morte entre l’âge de 12 et 15 ans. Une analyse plus approfondie du squelette a également montré qu’elle avait mené une vie active, des signes de stress dans ses côtes et sa colonne vertébrale laissant entendre qu’elle tirait probablement un char. Cependant, l’âge de son décès indique que l’animal était soigné et apprécié par son propriétaire, selon les auteurs de l’étude.

Une telle sépulture suggère que l’animal a probablement joué un rôle important dans la maison de son propriétaire et était plus qu’une simple bête de somme, tandis que la bride de fer trouvée dans la tombe — un objet rare et coûteux qui aurait été fabriqué spécifiquement pour le cheval — aide encore à établir son statut élevé, selon l’étude.

Alors que les sépultures formelles pour les chevaux étaient rares à l’époque, elles devinrent plus courantes dans la société nubienne et égyptienne vers 728-657 avant J.-C.. Mais l’attention portée aux détails de cet enterrement suggère que les chevaux étaient déjà à l’époque considérés comme des symboles de richesse et de pouvoir pour le peuple nubien. Ils pourraient avoir joué un rôle plus important dans la culture nubienne que ce qui a été précédemment suspecté.

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Il y a 3 000 ans, un cheval de haut rang était enterré dans la vallée du Nil
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Written by Brice Louvet

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