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Comment nos sourcils nous ont-ils sauvé la vie ?

Crédits : Pixabay / StockSnap

Alors que les sourcils aident à empêcher les débris, la sueur et l’eau de retomber dans nos orbites, ils remplissent également une autre fonction importante : communiquer nos émotions, sans quoi nous ne serions probablement pas là.

Nous savons déjà que nos esprits modernes reflètent souvent la façon dont nos ancêtres devaient travailler ensemble pour survivre dans le passé. Mais il semble que notre anatomie reflète également l’importance de s’entendre avec d’autres personnes. Nous savons que les espèces humaines anciennes – telles que les Néandertaliens – possédaient une crête frontale prononcée et très distincte qui contraste avec nos fronts plats et verticaux. Cette différence a longtemps été difficile à expliquer. Selon cette nouvelle étude, il semblerait que la Nature nous ait dotés de ces fronts plats pour permettre la présence d’arcades sourcilières plus mobiles.

Pourquoi est-ce important ? Parce que des arcades sourcilières plus mobiles permettent de mieux communiquer avec notre environnement. Plus précisément, elles favorisent les liens sociaux. Par des simulations informatiques en 3D, les scientifiques ont reconstitué virtuellement le crâne de l’Homo rhodesiensis (également appelé « Homme de Kabwe »), notre ancêtre vieux de 300 000 à 700 000 ans. Celui-ci arborait un petit et large front, ainsi qu’un bourrelet sus-orbitaire proéminent. Un bourrelet au-dessus des yeux donc. On pensait au départ que ces attributs donnaient au visage une rigidité supplémentaire, utile pour mâcher des viandes dures. En réalité, en manipulant virtuellement la taille du crâne de l’Homme de Kabwe, les chercheurs en ont déduit qu’il n’avait aucun impact dans la mastication.

La recherche a déjà montré que les humains d’aujourd’hui lèvent inconsciemment leurs sourcils quand ils voient quelqu’un à distance, pour montrer qu’ils ne sont pas une menace. Et nous levons aussi nos sourcils pour montrer de la sympathie avec les autres – une tendance remarquée par Darwin au 19e siècle. Pour notre espèce, perdre la crête frontale signifiait probablement avoir l’air moins intimidant, mais en développant des fronts plus plats et plus verticaux, notre espèce pourrait faire quelque chose de très inhabituel – bouger subtilement les sourcils de toutes sortes de façons.

Historiquement parlant, ces changements marqués du visage se sont également produits à un moment où l’émergence de changements sociaux importants a commencé à avoir lieu, notamment la collaboration entre des groupes humains éloignés. C’est également à cette même époque que les groupes d’humains modernes ont commencé à s’échanger des cadeaux. Être capable de créer des amitiés lointaines a probablement aidé nos ancêtres à coloniser de nouveaux environnements, en s’appuyant sur des amis sur lesquels ils pouvaient compter. Les humains modernes vivaient également dans des groupes plus grands et plus diversifiés que les espèces précédentes, ce qui réduisait les croisements. Être capable d’exprimer ses émotions était donc très important pour établir les bases de relations amicales et de soutien mutuel.

Notons par ailleurs que ces changements n’étaient pas seulement exclusifs aux humains – les développements observés lorsque les loups ont été domestiqués sont à certains égards similaires. Les chiens ont en effet des visages plus plats que les loups. Et les chiens qui sont en mesure d’avoir l’air plus mignons en levant leurs sourcils sont plus susceptibles d’être sélectionnés dans les refuges. Il semble donc que pour les humains (et les chiens), être capable de s’entendre avec les autres était la clé de la survie. Et pour nos ancêtres, l’évolution des sourcils a joué un rôle important dans l’expression de la convivialité.

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