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Voici ce que votre smartphone fait vraiment à votre cerveau

Crédits : Pixabay / terimakasih0

Toute la journée, nous sommes inondés par les notifications de nos appareils. Les smartphones sonnent, bourdonnent, s’illuminent, nous reliant au reste du monde en temps réel. Mais quels sont leurs effets sur nos cerveaux ?

Sur le plan biologique, nos corps ont une opinion différente. Nous ne sommes tout simplement pas faits pour vivre comme ça. Ces alertes constantes font vibrer nos hormones de stress, déclenchant notre réaction de combat ou de fuite : nos battements de cœur s’accélèrent, notre respiration se tend, nos glandes sudorales s’ouvrent et nos muscles se contractent. Cette réponse est – normalement – destinée à nous permettre de surmonter un danger, et non de répondre à un appel ou un message.

Selon l’endocrinologue Robert Lustig, les notifications de nos téléphones conditionnent nos cerveaux à être dans un état quasi constant de stress et de peur. Un tel état signifie que le cortex préfrontal, la partie de notre cerveau qui traite normalement certains de nos plus hauts fonctionnements cognitifs, se retrouve complètement détraqué. Chaque fois que nous changeons de tâches, nous dégageons une dose de cortisol, l’hormone du stress. La commutation met en sommeil notre cortex préfrontal réfléchi et raisonné et stimule la dopamine, le produit chimique de notre cerveau. « Vous finissez par faire des choses stupides », explique le chercheur. « Et ces choses stupides ont tendance à vous causer des ennuis ».

Par ailleurs, votre cerveau ne peut faire qu’une seule chose à la fois. Les scientifiques savent en effet depuis des années ce que beaucoup d’entre nous ne veulent pas admettre : les humains ne peuvent pas réellement accomplir plusieurs tâches en même temps. Cela est vrai pour la quasi-totalité d’entre nous, soit 97,5 % de la population environ. Vous pourriez conduire et téléphoner en même temps certes, mais force est de constater que vous ne pouvez tout simplement pas le faire sans compromettre vos capacités. Un simple mortel ne se concentre pleinement que sur une seule chose à la fois.

Cela signifie qu’à chaque fois que nous faisons une pause pour répondre à une nouvelle notification, nous sommes interrompus. Nous payons alors un prix : ce qu’on appelle un « coût de commutation ». Parfois, le passage d’une tâche à une autre ne nous coûte que quelques dixièmes de seconde, mais au cours d’une journée de basculement entre idées, de conversations et de transactions sur un téléphone ou un ordinateur, nos coûts de commutation s’accumulent et nous rendent plus sujets aux erreurs.

Il a également été prouvé que la vérification de notifications sur Facebook rendait les jeunes adultes déprimés. Les chercheurs qui ont étudié le bien-être émotionnel des étudiants trouvent en effet un lien direct : plus les gens consultent Facebook, plus ils sont malheureux. Et cela ne s’applique évidemment pas uniquement à Facebook, mais à Internet en général. Nous devons tout avoir, nous devons en avoir plus, et nous devons l’avoir maintenant. Si ces désirs ne sont pas assouvis, alors nous sommes insatisfaits.

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