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Les humains modernes se sont croisés deux fois avec les Dénisoviens dans l’Histoire

Crédits : Wikipedia

Les humains modernes ont coexisté et se sont croisés non seulement avec des Néandertaliens, mais aussi avec une autre espèce d’humains archaïques, les mystérieux Dénisoviens. Les résultats de cette étude ont été publiés dans la revue Cell.

De larges visages, des mentons minuscules et des sourcils saillants. L’apparence des Néandertaliens est souvent moquée. Mais se moquer des Néandertaliens, c’est un peu comme se moquer de nous-mêmes : l’Homo sapiens avait beaucoup de rapports sexuels avec Homo neanderthalensis. Les gènes de Néandertal occupent aujourd’hui entre 1 et 4 % de notre génome. Mais ce n’est pas tout. L’ADN d’autres humains archaïques, les Dénisoviens, se cache aussi dans les génomes modernes.

Il y a quelques années au sud de la Sibérie étaient retrouvées deux molaires et une phalange d’enfant vieilles d’environ 80 000 –  50 000 ans, plus précisément dans une grotte de l’Altaï. Grâce à l’ADN bien conservé et aux apports des sciences génétiques, les chercheurs ont alors pu identifier un nouveau groupe humain et mystérieux : l’Homme de Denisova. En développant une nouvelle méthode d’analyse du génome, des chercheurs de l’Université de Washington à Seattle (États-Unis), ont découvert de façon inattendue deux épisodes distincts de mélange génétique entre les Dénisoviens et les Hommes modernes. Ceci suggère une histoire génétique plus diverse qu’on ne le pensait auparavant.

Les chercheurs expliquent dans cette étude avoir examiné plus de 5 500 génomes d’humains modernes d’Europe, d’Asie et d’Océanie, à la recherche d’ADN archaïque possible. Après avoir repéré des variations dans les ADN, les scientifiques ont ensuite comparé ces segments aux séquences de Dénisoviens et de Néandertaliens, connues à partir des échantillons prélevés dans les montagnes de l’Altaï.

Des recherches antérieures ont montré que si les Dénisoviens partageaient une origine commune avec les Néandertaliens, ils étaient presque aussi distincts des Néandertaliens que les Néandertaliens des humains modernes. Des travaux antérieurs ont également montré que les Dénisoviens ont contribué à l’ADN de plusieurs groupes humains modernes. Ils ont légué une part de leur ADN à environ 5 % des génomes des populations d’Océanie, et quelque 0,2 % aux génomes des Asiatiques continentaux et des Amérindiens. Les scientifiques avaient alors supposé que cet ADN de Denisova trouvé chez les humains modernes en Asie provenait du croisement entre les Dénisoviens et les Océaniens qui avaient émigré en Asie. Ce que détermine l’étude aujourd’hui, c’est qu’il y a eu en fait deux épisodes distincts de métissage.

« J’ai été surprise de constater qu’il y avait finalement deux groupes très différents de Dénisoviens qui avaient contribué à l’ADN des humains modernes – ce n’était pas quelque chose que je m’attendais à voir », note Sharon Browning, généticienne à l’Université de Washington. Les chercheurs suggèrent que les ancêtres des Océaniens se sont croisés avec un groupe de Dénisoviens du Sud, alors que les ancêtres des Asiatiques de l’Est se sont mélangés avec un groupe venant du Nord.

Ainsi il y aurait eu au moins trois exemples de croisements d’humains modernes avec des populations humaines archaïques – un croisement avec des Néandertaliens et deux avec des Dénisoviens. Les scientifiques envisagent maintenant de rechercher plus de signes de croisements entre humains modernes et d’autres lignées archaïques dans d’autres populations à travers le monde. Ce pourrait être notamment le cas en Afrique, mais étant donné que le climat est plus chaud, personne n’a encore trouvé de fossiles humains archaïques avec suffisamment d’ADN permettant un séquençage.

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