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Les jaguars, nouvelles victimes de la médecine traditionnelle chinoise

Crédits : Flickr / Marco Verch

Après les tigres, dont certaines parties de corps sont vendues dans le commerce, la médecine traditionnelle chinoise se tourne désormais vers un autre animal : le jaguar. En effet, les tigres deviennent de plus en plus rares…

Selon un rapport publié dans la revue Nature le 23 février 2018, les jaguars seront peut-être la nouvelle espèce sacrifiée pour alimenter le commerce lié à la médecine chinoise, avec l’aide de trafiquants situés en Amérique du Sud. Avec la disparition progressive des tigres, les jaguars – autre espèce en danger – deviennent de plus en plus la proie des trafiquants qui revendent entre autres peaux, os et dents ayant appartenu à ces animaux.

Vincent Nijman, écologiste à l’Université d’Oxford Brookes (Royaume-Uni), estime que « ces projets agissent comme des aspirateurs géants de la faune qui déversent le tout en Chine ». L’intéressé évoque les allées et venues de travailleurs chinois dans les chantiers de construction, profitant de leur séjour pour expédier vers leur pays des produits et objets illicites, appréciés de la médecine chinoise.

Le rapport fait état d’une centaine de jaguars qui auraient été braconnés en une seule année dans différents pays d’Amérique du Sud. Thaís Morcatty, autre chercheuse à l’Université d’Oxford Brookes, fait état de « 50 saisies de colis contenant des organes de jaguars au Brésil », dont la plupart « semblaient être destinés à l’Asie et à la Chine en particulier ».

Dernière preuve en date de ce braconnage, le corps d’un jaguar a été retrouvé dans un canal de Belize City (Belize) en décembre 2017. Si le corps était intact, les dents lui ont cependant été arrachées. En janvier 2018, le corps d’un Ocelot sans tête a été retrouvé dans le même canal et aurait pu avoir été confondu avec un jeune jaguar.

Face à la pénurie de tigres, le marché s’est ouvert aux autres grands félins, et le jaguar ne devrait pas être la dernière espèce concernée. Selon Vincent Nijman, « presque tout ce qui peut être tué et échangé le sera ». Les chercheurs estiment qu’en Amérique du Sud mais également en Afrique, la Chine profite des immenses chantiers menés ici et là pour envoyer des centaines de milliers de travailleurs qui seront demandeurs de produits issus du braconnage.

Sources : ConsoGlobeThe Guardian

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