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D’ici 2050, jusqu’à 700 millions de personnes pourraient être obligées d’émigrer à cause des changements climatiques

Crédits : Pixabay / GregReese

Les deux cinquièmes de la population mondiale sont menacés par la dégradation des terres. Avec plus de 75 % des zones terrestres du monde fortement dégradées par la pollution, les conditions météorologiques extrêmes, la déforestation et la production agricole, les experts préviennent que 50 à 700 millions de personnes pourraient être forcées d’émigrer au cours des trois prochaines décennies.

Les experts de la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) affirment que sans une action urgente, la croissance démographique et la consommation toujours croissantes pourraient mener à une sixième extinction massive. Les modes de vie à forte consommation dans la plupart des pays développés, ainsi que dans les économies émergentes en développement, exercent en effet une pression accrue sur les ressources de la planète. Nous avons besoin de plus de carburant pour nos voitures, de plus d’infrastructures, de plus de nourriture et d’espace pour accueillir une population mondiale croissante. Cette expansion agricole et urbaine, couplée à l’extraction des ressources naturelles et des minéraux, laissera moins de 10 % des terres de notre planète viables d’ici 2050, indique le rapport.

La plus grande partie de la dégradation devrait se produire en Amérique centrale et du Sud, en Afrique subsaharienne et en Asie, où le coût de l’inaction est au moins trois fois plus élevé que ce que coûteraient des programmes adaptés. Cela pourrait à terme forcer 50 à 700 millions de personnes à émigrer, peut-on lire. Il y aura aussi un impact sur la sécurité alimentaire, hydrique, entraînant des impacts sanitaires et économiques. « Près de 12 millions d’hectares de terres sont perdus chaque année en raison de la dégradation », note Achim Steiner, administrateur du Programme des Nations unies pour le développement.

Côté biodiversité, moins de 25 % de la surface de la Terre reste libre de tout impact humain. Entre 1970 et 2012, la population des vertébrés sauvages a diminué de 38 % et celle des espèces d’eau douce de 81 %. Les zones humides ont été les plus touchées : 87 % de leur biodiversité a été perdue au cours des 300 dernières années, dont 54 % depuis 1900. Il s’agit ici du cinquième et dernier rapport de la conférence Science and Policy for People and Nature. Il sera publié intégralement plus tard cette année.

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