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Les moustiques apprennent l’odeur du danger pour ne pas mourir écrasés

Crédits : iStock

Les moustiques perdent leur appétit pour les parfums attrayants lorsqu’ils associent ces arômes avec la probabilité d’être écrasé, révélait il y a quelques jours une étude publiée dans Current Biology. Cibler l’intelligence des moustiques pourrait alors permettre de freiner la propagation de nombreuses maladies.

Lorsque vous manquez de vous faire “frapper” par quelque chose ou quelqu’un, la plupart du temps, vous ne vous risquez pas à revenir. Pourquoi ? Parce que vous avez appris, pris conscience qu’il y avait un danger potentiel. Pour les moustiques, c’est un peu la même chose – toute proportion gardée. Ceux-ci peuvent effectivement apprendre à associer une odeur à un choc mécanique similaire à celui d’une claque, pour ensuite éviter cette odeur à l’avenir, selon une nouvelle étude. Ainsi, les moustiques non seulement mémorisent l’odeur de leur hôte préféré, mais peuvent également utiliser ces signaux olfactifs pour éviter les individus qui tenteraient de les écraser.

« Une fois que les moustiques ont appris les odeurs d’une manière aversive, ces odeurs ont provoqué des réponses aversives du même ordre que les réponses au DEET, qui est l’un des plus efficaces répulsifs contre les moustiques », explique Jeff Riffell, professeur de biologie à l’Université de Washington. « De plus, les moustiques se souviennent pendant des jours des odeurs apprises ».

Pour cette étude, les chercheurs ont entraîné des moustiques (des femelles de l’espèce Aedes aegypti) en associant l’odeur d’une personne à un choc mécanique. Les insectes ont été dans un premier temps introduits un à un dans un labyrinthe en forme de Y. L’un des bras du Y était imprégné de l’odeur d’un volontaire humain. L’autre contenait une solution témoin d’huile minérale. Comme prévu, les moustiques ont montré une préférence évidente pour l’Homo sapiens.

Les chercheurs ont ensuite tenté d’entraîner les moustiques à fuir l’arôme capiteux des humains. Ils ont pour ce faire couplé l’exposition à l’odeur humaine avec une vibration mécanique – quelque chose qui s’apparente au choc qui pourrait accompagner la claque d’un hôte sur le point de se faire pomper du sang. Effectivement, les moustiques qui ont été formés pour associer les odeurs humaines à leurs manœuvres défensives potentiellement mortelles ont perdu leur appétit pour ce parfum auparavant attrayant.

Il semblerait par ailleurs que, comme chez de nombreux animaux (l’homme compris), cette capacité d’apprentissage et de mémorisation est fortement liée à la dopamine, un neurotransmetteur présent dans le cerveau. Des moustiques génétiquement modifiés pour ne plus avoir de récepteurs dopaminergiques ont effectivement perdu leur capacité d’apprendre.

Pour les chercheurs, ces résultats peuvent avoir d’importantes implications pour le contrôle des populations de moustiques et la transmission des maladies qu’ils transportent, comme Zika, la dengue et la fièvre jaune. En comprenant comment les moustiques prennent des décisions et comment l’apprentissage influence ces comportements, nous pourrons alors déterminer les bases neuronales de ces comportements. De quoi mener à la création d’outils plus efficaces pour le contrôle des moustiques.

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