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Une “guerre de l’espace” est-elle en train de se mettre en place ?

Crédits : Wikimedia Commons / Fulvio314 / NASA

De nombreux experts ont averti que les guerres dans l’espace ne seront bientôt plus de simples fictions hollywoodiennes. Et le scénario semble de plus en plus probable, selon la dernière analyse de la communauté du renseignement américain.

Chaque année, la Worldwide Threat Assessment of the US Intelligence Community publie une évaluation des menaces potentielles pour la sécurité nationale des États-Unis, et formule des recommandations en conséquence. Au cours de ces dernières années, ces menaces ont inclus le développement et la prolifération d’armes, les guerres régionales, les tendances économiques, le terrorisme, ou encore le cyberterrorisme. Publiée le 8 février dernier, l’évaluation de cette année pointe du doigt un nouveau type de menace : les armes déployées dans l’espace. Selon leur évaluation, l’expansion de l’industrie spatiale mondiale, la coopération croissante entre le secteur privé et le secteur public et la croissance de divers États dans l’espace pourraient constituer une menace pour la sécurité nationale des États-Unis.

Naturellement, les deux principaux acteurs désignés sont la Chine et la Russie. Le rapport vise ici les potentielles applications militaires : « Les nouvelles technologies et de nouvelles applications de technologies existantes permettront à nos adversaires de développer plus facilement des systèmes d’armes qui peuvent frapper plus loin, plus vite, défiant les États-Unis dans tous les domaines », peut-on lire. Comme indiqué, ces pays seront en tête du peloton dans les années à venir concernant l’expansion des systèmes de reconnaissance, de communication et de navigation basés dans l’espace.

Plus précisément, les armes antisatellites sont ici considérées comme la principale menace. Ces technologies, selon le rapport, ont le potentiel de « réduire l’efficacité militaire des États-Unis et des pays alliés en perturbant les communications mondiales, la navigation et la coordination entre les nations et les armées ». Les auteurs prévoient en outre que ces technologies destructrices russes et chinoises pourraient atteindre leur capacité opérationnelle dans quelques années. Un autre domaine d’intérêt est le développement d’armes à énergie dirigée dans le but d’aveugler ou d’endommager les capteurs optiques basés dans l’espace.

Le rapport pointe également des failles dans le cadre juridique existant – tel que décrit dans le Traité de l’espace – que la Chine et la Russie pourraient exploiter. Selon les auteurs, « La Russie et la Chine continuent de promouvoir publiquement et diplomatiquement des accords internationaux sur la non-armement de l’espace », peut-on lire. « Cependant, de nombreuses classes d’armes ne sont pas abordées dans ce Traité ». Celui-ci interdit par exemple aux signataires de placer des armes de destruction massive en orbite terrestre, sur la Lune, sur tout autre corps céleste ou dans l’espace extra-atmosphérique en général. Par définition ce sont les dispositifs nucléaires qui sont ici concernés, mais pas les armes conventionnelles. Ainsi des plates-formes antisatellite ou d’autres armes spatiales conventionnelles pourraient être mises en orbite et constituer une menace majeure.

Au-delà de la Chine et de la Russie, le rapport indique également que les capacités croissantes de l’Iran en matière de technologie de missiles pourraient constituer une menace à court terme : « Les programmes de missiles balistiques de l’Iran lui donnent le potentiel de maintenir des cibles à risque dans la région, et Téhéran possède déjà le plus grand stock de missiles balistiques au Moyen-Orient », peut-on lire.

Tout compte fait, le rapport fait des évaluations plutôt prévisibles. Compte tenu de la puissance croissante de la Chine et de la Russie dans le domaine spatial, il est aujourd’hui naturel de les considérer comme des menaces potentielles. Cela ne signifie pas pour autant que l’on devrait adopter une attitude alarmiste.

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