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En temps de guerre, les fourmis aussi ont leurs “infirmières”

Crédits : Erik T. Frank / University of Würzburg

Les fourmis d’Afrique Matabélé (Megaponera Analis) sont des prédatrices spécialisées dans la chasse aux termites. Mais quand sonne l’heure de la guerre, certains soldats se blessent. Des « infirmières » ramènent alors les invalides à l’abri pour panser leurs blessures.

C’est la première fois qu’un tel comportement vis-à-vis de congénères blessés est observé chez les invertébrés. C’est pourtant un avantage évolutif indéniable, notamment pour les colonies d’insectes où la survie dépend du nombre de ses occupants. Dans le sud du Sahara, les fourmis d’Afrique Matabélé (Megaponera Analis) ont compris la manœuvre. Deux à quatre fois par jour, ces prédatrices partent chasser le termite et bien souvent, il y a des blessées. Les fourmis invalides sont alors mises à l’abri, avoir de recevoir des séances de léchage intensif, parfois pendant plusieurs dizaines de minutes. Et étonnamment, ces minuscules coups de langue permettent de sauver des milliers de vies.

Lorsqu’une fourmi se retrouve blessée au combat – souvent piétinée lors de l’assaut – celle-ci « appelle à l’aide » en sécrétant des substances chimiques. Certaines fourmis ramènent alors les invalides à l’abri pour leur permettre de panser leurs blessures. En général, le traitement consiste à enlever les termites qui s’accrochent encore à la fourmi, puis à lécher les blessures éventuelles. D’après les observations des myrmécologues (spécialistes des fourmis) de l’Université de Würzburg en Allemagne, environ 90 % des fourmis blessées récupèrent alors après le traitement. Pour celles qui n’ont pas la chance de bénéficier de ce remède, quatre sur cinq périront.

« Nous supposons que les fourmis font cela pour nettoyer les plaies et peut-être même appliquer des substances antimicrobiennes avec leur salive pour réduire le risque d’infection bactérienne ou fongique », explique l’un des membres de l’équipe, Erik T. Frank. Fait intéressant, ce sont les fourmis légèrement blessées qui sont soignées les premières. Dans les cas les plus graves – certaines fourmis perdent jusqu’à cinq de leurs six pattes – les fourmis blessées se débattent sauvagement comme pour rejeter l’aide offerte, qui ne servirait à rien. Si chez les humains les cas les plus graves sont traités en premier, c’est donc l’inverse chez les fourmis.

La découverte est par ailleurs inattendue, dans le sens où chez les insectes sociaux les individus n’ont généralement que peu de valeur. Ici on préfère faire jouer le collectif. Si une fourmi peut toujours se lever, alors elle sera toujours utile.

Vous retrouverez tous les détails de cette étude dans les Proceedings of the Royal Society B.

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