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Une couche d’ozone amincie aurait entraîné la plus grande extinction de l’Histoire

Crédits : Chris Butler / Science Photo Library

Une étude révèle que les pins deviennent temporairement stériles lorsqu’ils sont exposés à d’intenses rayons ultraviolets, comme ceux ressentis sur Terre pendant la plus grande extinction de la planète, il y a 252 millions d’années. Un constat qui soutient la théorie selon laquelle l’appauvrissement de l’ozone aurait contribué à cette crise.

L’extinction Permien-Trias fut absolument dévastatrice, détruisant 75 % des animaux terrestres, 95 % de la vie marine et d’innombrables lignées végétales dans le monde entier. Il y a 252 millions d’années, cet événement d’extinction de masse – le plus important de toute l’Histoire – aurait pu être fortement exacerbé par l’amincissement de la couche d’ozone. C’est en tout cas ce que propose une étude. En partant du principe que l’ozone est un peu la crème solaire de notre planète, une trop grande quantité de rayonnement UV non filtrée rendrait en effet certains arbres stériles, déclenchant une cascade d’effets négatifs sur le vivant.

Les épisodes de déstabilisation et de rétablissement des plantes se sont poursuivis pendant encore 500 000 ans, bien avant le Trias. Il y a eu en même temps, sur une période d’un million d’années, entre 251 et 250 millions d’années, un événement volcanique absolument massif. Pendant longtemps, les scientifiques ont pensé que les deux événements étaient liés, et que les effets des éruptions volcaniques avaient joué un rôle sur la couche d’ozone – mais ce rôle était encore inconnu. L’étudiant diplômé Jeffrey Benca de l’Université de Californie (États-Unis) s’est alors penché sur la question.

Benca et son équipe ont pour les besoins de cette étude irradié des petits pins d’une cinquantaine de centimètres de haut avec des dosages UVB jusqu’à 13 fois plus forts que sur Terre aujourd’hui. Cela a permis de simuler les effets de l’appauvrissement de l’ozone causé par d’immenses éruptions volcaniques à la fin du Permien. Au cours de l’expérience menée sur deux mois, aucun des arbres n’est mort. En revanche ils sont tous devenus stériles. Replacés à l’extérieur, les arbres ont ensuite retrouvé leur capacité à produire des graines.

Les scientifiques proposent alors – au vu de ces résultats – que l’appauvrissement de la couche d’ozone causé par des éruptions volcaniques périodiques sur près d’un million d’années serait l’une des causes de l’extinction du Permien. Des épisodes de stérilité auraient en effet eu un impact sur les populations d’arbres, selon les chercheurs : « Au cours de la crise du Permien, les forêts ont peut-être disparu en partie ou en totalité à cause de l’exposition accrue aux UV », peut-on lire. Et si vous perturbez plusieurs lignées végétales dominantes à l’échelle mondiale – en d’autres termes, si vous perturbez la base du vivant – vous bouleversez tout le reste.

Par ailleurs, les fossiles de plusieurs régions du supercontinent du Gondwana datant de cette même période contiennent également des pollens mal formés et d’autres signes de déclin forestier. Une observation qui laisse supposer que d’autres arbres, et pas seulement des conifères pourraient aussi avoir été touchés. Ces découvertes permettent ainsi de mieux cerner cette extinction passée, mais qui nous oblige à porter un nouveau regard sur les perspectives d’avenir de notre planète. Rappelons que le changement climatique, la destruction des habitats et la pollution nous préparent à la sixième phase d’extinction massive.

Vous retrouverez tous les détails de cette étude dans la revue Science Advances.

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