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Ce ne sont pas les rats qui ont répandu la peste noire

Crédits : Pixabay / freestocks-photos

Une équipe de chercheurs de l’Université d’Oslo suggère que ce sont les puces et les poux humains, et non les rongeurs, qui sont à l’origine de la propagation de la peste qui a tué des millions de personnes au cours de plusieurs siècles.

La peste noire sévissait partout en Europe au XIVe siècle. La pandémie – qui figure parmi les pires de l’histoire de l’humanité – aura au final tué des dizaines de millions de personnes. On estime même que le bilan global dépasse les 200 millions de morts au fil de trois grandes pandémies. Tristement connue des livres d’histoire, la maladie tire son nom de l’un de ses symptômes : des ganglions lymphatiques noircis et enflés apparaissent sur la peau. Rappelons aussi que la maladie tue toujours. Entre 2010 et 2015, 3248 personnes ont contracté la peste et 584 en sont mortes, d’après les chiffres de l’OMS. Les foyers les plus actifs se trouvent à Madagascar, en République démocratique du Congo et au Pérou.

Concernant les épidémies datant du XIVe siècle, l’un des plus grands mystères était d’identifier le mécanisme physique qui accéléré la diffusion de la maladie. On désigna à la fin du XIXe siècle les rats comme principaux agents propagateurs de la peste noire. Mais l’hypothèse ne convainc pas tout le monde. Selon une équipe de chercheurs de l’Université d’Oslo, ce sont en fait les puces et les poux humains – et non les rongeurs – qui sont à l’origine de l’expansion de la peste noire. Leurs travaux sont publiés dans les Actes de l’Académie nationale des sciences.

Les rats, les gerbilles ou d’autres rongeurs agissaient en effet comme des « banques de bactéries » selon la théorie la plus populaire concernant les origines de la pandémie. Les puces, qui mordaient les rats infectés, s’en prenaient alors aux humains et les contaminaient. Mais il semblerait que les rongeurs aient été injustement calomniés pour leur rôle dans la transmission de la maladie. En effet, l’équipe a commencé par rassembler des données sur les registres de mortalité concernant la propagation de plusieurs épidémies survenues en Europe entre le XIVe et le XIXe siècle, dont la peste noire. Ils ont ensuite créé un modèle mathématique visant à montrer comment chaque épidémie s’est propagée, et ont appliqué le modèle à trois scénarios différents : l’un incriminait les rats, un second la transmission aérienne, et un troisième les puces et poux humains.

C’est au final ce troisième scénario qui offrait la meilleure correspondance. Il apparaît dans les résultats qu’aucun autre vecteur ne pouvait propager la maladie aussi rapidement – du moins à cette époque. Car si ce mode de transmission explique la diffusion et la persistance de la peste en Europe pendant la deuxième pandémie, notons que le rôle des puces des rats est au contraire privilégié dans la diffusion des épidémies actuelles.

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