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L’anxiété pourrait être une manifestation précoce de la maladie d’Alzheimer

Crédits : Pexels / Kat Smith

Selon une nouvelle étude, l’anxiété pourrait être un signe avant-coureur de la maladie d’Alzheimer. Elle se déclencherait en effet des années avant que la déficience cognitive ne se manifeste.

Après avoir longuement étudié des troubles neuropsychiatriques tels que la dépression, les scientifiques sont toujours à la recherche des facteurs de risque qui augmentent le risque de développer la maladie d’Alzheimer. Affinant leurs analyses au fur et à mesure des progrès de la médecine, ces derniers suggèrent aujourd’hui que les symptômes de l’anxiété pourraient constituer un marqueur dynamique important des premiers stades de la maladie.

« Plutôt que d “étudier les caractéristiques de la dépression dans leur ensemble, nous avons examiné des symptômes spécifiques tels que l’anxiété », explique la psychiatre gériatrique Nancy Donovan, du Brigham and Women’s Hospital à Boston, Massachusetts. « Comparés à d’autres marqueurs de la dépression tels que la tristesse ou la perte d’intérêt, les symptômes d’anxiété ont augmenté au fil du temps chez ceux avec des niveaux plus élevés de bêta-amyloïde dans le cerveau ».

Rappelons que la protéine bêta-amyloïde est liée à la maladie d’Alzheimer, puisqu’elle s’accumule dans le cerveau en formant des plaques qui perturbent la communication entre les neurones. Cette perturbation est en effet considérée comme l’une des principales responsables de la déficience cognitive de la maladie d’Alzheimer. Mais à la lumière des révélations de Nancy Donovan, elle pourrait également être impliquée dans la phase pré-clinique de la maladie, potentiellement jusqu’à 10 ans avant le diagnostic de déclin de la mémoire.

Pour ces recherches, les chercheurs ont examiné les données de la Harvard Aging Brain Study. Il s’agit une étude se déroulant sur cinq ans qui a observé 270 hommes et femmes en bonne santé âgés de 62 à 90 ans, sans troubles psychiatriques actifs. Au cours de l’étude, l’équipe avait alors découvert que des niveaux plus élevés de bêta-amyloïde dans le cerveau étaient associés à une augmentation des symptômes d’anxiété. Cela suggère que ces symptômes pourraient constituer – avant même l’apparition des troubles cognitifs – une manifestation de la maladie d’Alzheimer.

« Si d’autres recherches corroborent l’anxiété en tant qu’indicateur précoce, il serait important non seulement d’identifier les personnes au début de la maladie, mais aussi de les traiter et de ralentir ou de prévenir le processus pathologique dès le début », note la chercheuse.

À ce stade, les chercheurs reconnaissent que nous ne savons toujours pas comment cette association entre l’anxiété et le bêta-amyloïde survient – et il convient de souligner que d’autres analyses de ce type seront nécessaires pour vérifier si les participants manifestent une anxiété croissante avant de développer la maladie d’Alzheimer. Si tel est le cas, alors un sentiment d’anxiété permanent pourrait se présenter comme un bio-marqueur déterminant dans le pronostic de la maladie d’Alzheimer dans ses phases initiales, ce qui pourrait faciliter considérablement son traitement.

Vous retrouverez tous les détails de cette étude dans The American Journal of Psychiatry.

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