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Le changement climatique acidifie aussi les lacs et les rivières

Crédits : Pixabay / Pixel2013

S’il est bien connu que les émissions de CO2 provoquent l’acidification des océans, une nouvelle étude montre que, même s’il s’agit d’un processus différent, les émissions de CO2 acidifient également nos lacs et nos rivières.

Les océans terrestres absorbent environ 40 % de tout le dioxyde de carbone (CO2) émis dans l’atmosphère. Ce CO2 acidifie ensuite l’eau, ce qui a pour effet de nuire à la faune marine, en particulier aux mollusques, dans un phénomène bien documenté connu sous le nom d’acidification des océans. Pourtant, selon une nouvelle, les eaux océaniques ne sont pas les seuls plans d’eau affectés par les émissions de CO2. L’eau douce est également concernée.

L’étude nous rapporte que, sur une période de 35 ans, quatre réservoirs en Allemagne ont vu une augmentation significative des quantités de CO2 et une diminution de leur pH d’environ 0,3 (le pH varie de 1 à 14, 1 étant le plus acide et 14 étant le plus basique). Les chercheurs ont pour cette étude analysé les données recueillies de 1981 à 2015 par l’agence locale de la Ruhr, qui surveille l’eau potable. Ce faisant, ils ont pu observer les niveaux croissants de dioxyde de carbone en tenant compte des changements de températures, de la densité de l’eau, du pH, de la distribution des espèces ioniques et de la teneur inorganique totale. Et si les systèmes d’eau douce absorbent le CO2 de différentes façons que les océans, l’impact sur la vie aquatique est en revanche le même : il est négatif.

L’équipe s’est ici penchée sur les effets de cette acidification sur des petits crustacés d’eau douce, à savoir les puces d’eau. En laboratoire, ils ont alors soumis ces animaux à des niveaux de CO 2 légèrement supérieurs au niveau maximum observé dans l’eau douce mondiale – soit environ 60 %. Si dans les études océaniques, l’acidification affecte la capacité des animaux à former des coquilles, il apparaît qu’en eau douce ces petits crustacés sont ici moins capables de détecter les prédateurs et de se défendre lorsqu’ils sont exposés à des niveaux plus élevés de CO2.

L’étude de l’acidification de l’eau douce a jusqu’ici été longtemps retardée, car déterminer la manière dont le carbone atmosphérique affecte ces écosystèmes nécessite un processus complexe, qui obtient des résultats plus difficiles à analyser que pour les océans. Ce corpus de recherche doit donc encore être approfondi, mais il est clair que le changement climatique contribue à l’acidification des océans et des plans d’eau douce.

Vous retrouverez tous les détails de cette étude dans la revue Current Biology.

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