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En Australie, certains oiseaux de proies déclenchent volontairement des incendies

Crédits : Dick Eussen

En Australie, certains rapaces pyromanes n’hésitent pas à mettre le feu à la brousse – ou à propager un feu déjà déclaré – pour attraper plus facilement leurs proies.

Il fait très chaud en Australie en ce moment. Une vague de chaleur brutale entraîne de nombreux feux de brousse dévastateurs, et pour aggraver les choses les autorités doivent faire face à une ancienne race de pyromanes volants. Des observations réalisées en Australie suggèrent en effet que certains rapaces – que certains ont déjà renommé dragons miniatures – propagent volontairement des incendies afin de débusquer leurs proies paniquées et fumantes.

Ces “rapaces de feu” – Milan noir (Milvus migrans), Milan siffleur (Haliastur sphenurus), et Faucon bérigora (Falco berigora) en tête – ont été observés par la population locale en train de propager intentionnellement le feu en maniant des bâtons enflammés dans leurs serres et leur bec, qu’ils relâchent ensuite au milieu de l’herbe sèche. Cette dernière prend donc feu à son tour et étend rapidement l’incendie. Les lézards, insectes et rongeurs hébétés – parfois déjà brûlés – sortent alors de leurs cachettes pour fuir les flammes. Les oiseaux, postés par centaines le long de ces fronts de feu, n’ont plus qu’à s’en saisir.

Cette l’étude trouve son origine dans un passage de l’autobiographie du docteur et activiste Phillip Waipuldanya Roberts, en 1964 : « J’ai vu un faucon ramasser un bâton fumant dans ses griffes et le déposer dans une nouvelle parcelle d’herbe sèche à un kilomètre et demi », expliquait-il « puis attendre avec ses compagnons l’exode fou de rongeurs et de reptiles brûlés et effrayés ».

Jusqu’ici, personne n’a photographié ou filmé les oiseaux en train de se livrer à cette pratique, mais les récits des aborigènes en font mention depuis la nuit des temps. « Nous ne découvrons rien », déclare au National Geographic Mark Bonta, l’un des géographes de l’équipe de la Penn State Altoona (États-Unis). « La plupart des données avec lesquelles nous avons travaillé nous ont été fournies par les peuples autochtones… Ils le savent depuis probablement 40 000 ans ou plus ».

Reste maintenant à savoir si les oiseaux ramassent accidentellement ou volontairement ces brindilles enflammées pour étendre les feux. «Je pense toutefois que les milans noirs et les faucons bérigora sont assez intelligents pour déclencher volontairement des incendies en larguant des braises sur de l’herbe sèche, nous avons déjà vu ces oiseaux ramasser des miettes et les déposer au bord de petites mares pour attirer des poissons », note Steve Debus, ornithologue et expert en oiseaux de proie à l’Université de Nouvelle-Angleterre.

Vous retrouverez tous les détails de cette étude dans le Journal of Ethnobiology.

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