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Découverte d’un cimetière de la Première Guerre mondiale dans la Meuse

Crédits : Pascal Volpez, Inrap

Dans le département de la Meuse (55), des fouilles archéologiques ont permis une étonnante mise au jour, celle d’un cimetière où étaient regroupés les corps de soldats morts pendant la Première Guerre mondiale avant de rejoindre leur dernière sépulture.

C’est à Spincourt, dans le département de la Meuse, dans le nord-est de la France, qu’a été réalisée cette découverte inédite dans le pays au début de cette année 2017. Des fouilles archéologiques y avaient été entreprises, préalablement à un projet de construction sur une ancienne parcelle agricole. Des fouilles prescrites par Direction régionale des affaires culturelles (Drac), puisque le terrain est situé en zone rouge, c’est-à-dire une zone où l’on trouve potentiellement des vestiges de guerre.

Frédéric Adam, archéo-anthropologue à l’Institut national d’archéologie préventive (Inrap) et responsable de la fouille, explore précautionneusement un cercueil en bois, rempli d’eau à cause des pluies. Après avoir retiré la glaise, il découvre un crâne percé de deux trous. “Une balle de fusil probablement, les éclats d’obus font des fissurations en étoile“, déclare-t-il. Puis il vide le cercueil de l’ensemble de son contenu : clavicule, péroné, bassin, vertèbre lombaire, radius… Et douze mandibules, alors que le cercueil ne comptait “que” quatre crânes.

Des pelles mécaniques ont ensuite été utilisées pour découvrir l’ensemble de ce qui se cachait sous cette terre humide. Une première boîte, longue de 90 centimètres et large de 40 centimètres, contenait “une grosse poignée d’ossements humains et des boutons“, une deuxième était “pleine de son défunt avec des morceaux d’uniforme“, raconte l’anthropologue.

Il s’agit en réalité d’un cimetière provisoire, où étaient regroupés, de 1919 à 1924, les soldats français et alliés morts au combat dans les alentours, avant qu’ils ne soient rendus aux familles et qu’ils rejoignent leur dernière sépulture.

D’après le registre rendu public par les archives militaires, 864 personnes réparties dans 617 sépultures reposent dans ce cimetière de 2 000 mètres carrés. 200 cercueils restent pour le moment inaccessibles. “Un cimetière d’après-guerre qui fait le lien entre les champs de bataille et la nécropole, c’est la première fois qu’on en découvre un“, s’enthousiasme M. Adam.

Outre les ossements, les archéologues ont également mis au jour de nombreux effets personnels comme des chapelets, des canifs, des gourdes… ainsi que des morceaux d’outils appartenant aux entreprises chargées du travail funéraire. “Tous ces éléments nous apportent beaucoup d’indications sur le travail des fossoyeurs, comment ils ont traité cette masse d’ossements incroyable, et permettront de faire des observations sur cette période qui n’ont encore jamais été faites“, commente Frédéric Adam.

L’ensemble des corps est actuellement en cours d’exhumation, depuis le 6 novembre dernier et ce jusqu’à ce jeudi 14 décembre. Pour rappel, près de 650 000 soldats morts au front pendant la Grande Guerre sont toujours portés disparus.

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