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Le mythe des sirènes a-t-il une explication rationnelle ?

Crédits : iStock

Les sirènes tant fantasmées ne sont finalement pas mi-femme mi-poisson mais tout simplement des lamantins. La sirène telle qu’on la connaît aujourd’hui trouverait son origine dans les observations de marins, qui les auraient confondus avec ces mammifères !

Dans notre imaginaire nourri d’images issues du cinéma ou des dessins animés, la sirène est une femme-poisson. Néanmoins, les premières sirènes de la mythologie grecque avaient bien une tête de femme mais plutôt un corps de rapace. La beauté des sirènes n’apparaît qu’à partir du 8e siècle dans la littérature, bien aidée par leur longue chevelure, alors que leur corps relevait davantage du poisson.

Au-delà de ce changement d’apparence dans les écrits, observer une sirène en mer était très mauvais signe. La légende populaire indique qu’après avoir envouté les marins avec leurs chants et leur beauté, celles-ci les entraînaient au font de la mer pour les dévorer. Souvenez-vous dans l’Odyssée d’Homère, les sirènes sont présentes et le héros Ulysse parvient à les éviter grâce à une ruse.

Le navigateur le plus célèbre ayant rapporté cette vision des sirènes n’est autre que Christophe Colomb. Ce dernier a écrit dans son journal de bord, le 8 janvier 1493, avoir observé trois sirènes une baie d’Hispaniola, actuelle île des Antilles partagée entre Haïti et la République Dominicaine. L’intéressé a avoué avoir été déçu car leur beauté n’était malheureusement pas celle qu’on l’on avait dépeinte dans les écrits.

Selon des naturalistes et autres chercheurs qui se sont penchés sur la question, Christophe Colomb aurait en réalité vu des lamantins, ces gros mammifères aquatiques herbivores vivant en eaux littorales peu profondes. Ceux-ci auraient pu être pris, à une certaine distance, pour des sirènes bien que le point seul point commun entre les deux est cette sorte de queue de poisson caractérisant le bas du corps. Au milieu du XVIe siècle des marins portugais rapportent également avoir vu des sirènes à proximité du littoral du sud-est de l’Afrique. Les naturalistes estiment que dans ces zones vivent des cousins des lamantins, les dugongs.

Longtemps après, le psychiatre des hôpitaux Jean-Pierre Luauté écrira Christophe Colomb : l’homme qui prit des lamantins pour des sirènes (PDF en français/12 pages) où cette histoire est racontée en détail, citant des textes d’époque et tentant de comprendre comment cette erreur fut possible.

Sources : Science & VieImago Mundi

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