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Accident nucléaire de Fukushima : découverte d’une nouvelle source de radioactivité

L’accident nucléaire de Fukushima, qui eut lieu le 11 mars 2011 au Japon, a été la source d’une forte libération de substances radioactives dans l’environnement. D’après l’ASN, l’autorité de sûreté nucléaire, c’est une zone de trente kilomètres de diamètre qui fut contaminée par ces particules radioactives. Pourtant, une nouvelle étude vient de nous révéler la découverte d’un fort taux de radioactivité sur les côtes japonaises à presque cent kilomètres de distance de la centrale : les nappes aquifères et les plages de sable seraient contaminées et libéreraient une grande quantité de substances radioactives dans les océans !

Pour l’instant, aucun sujet ne serait susceptible de boire cette eau contaminée, les scientifiques l’affirment : il n’est en aucun cas question de santé publique, mais de protection de l’environnement ! Publiée dans la revue scientifique The Proceedings of the National Academy of Sciences, l’étude annonce que la radioactivité relâchée dans l’environnement après une catastrophe nucléaire est facilement absorbée par les sous-sols terrestres qui la relargueraient par la suite dans les océans !

Arriver à ces résultats n’a pas été évidents pour Virginie Sanial et son équipe. Le groupe de chercheurs issu de la Woods Hole Oceanographic Institution accompagné de la scientifique Seiya Nagao, de l’Université de Kanazawa, avait tout d’abord émis l’hypothèse que le fort taux de cesium-137, une substance fortement radioactive retrouvée sur les bords océaniques japonais, n’était dû qu’à son transport par les océans, à partir du lieu de l’accident nucléaire ! Ces particules radioactives se seraient ensuite doucement enfouies dans les sols marins pour n’être relâchées que quelques années plus tard.

Crédits : The Proceedings of the National Academy of Sciences / Virginie Sanial

Malheureusement, et après quelques recherches, les scientifiques se sont rendu compte que le césium n’avait pas la capacité d’adhérer au sable des plages japonaises en raison d’une eau trop salée ! La présence de césium sur les bords côtiers n’était pas due à son transport par les océans, mais provenait en réalité des nappes aquifères situées plus en profondeur sous les plages de sable japonais ! Le taux de césium présent dans les sous-sols japonais était dix fois supérieur à celui mesuré en mer. Les scientifiques en sont donc arrivés à la conclusion suivante : lorsque l’eau douce rejoint l’eau de mer, le césium présent dans les nappes aquifères se décroche des particules sableuses puis est relargué dans les océans !

À l’heure d’aujourd’hui, cette source de radioactivité serait aussi importante que les rejets actuels de la centrale de Fukushima et que la radioactivité présente dans les rivières adjacentes à la centrale. Bien évidemment, ces rejets de substance radioactive sont près de mille fois inférieurs à ceux mesurés directement après la catastrophe.

La construction de nouvelles centrales nucléaires devra maintenant se faire à l’intérieur des terres afin d’éviter une forte contamination radioactive des océans.

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