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Les sursauts radio seraient beaucoup plus fréquents qu’on ne le pensait

Crédits : iStock

Les sursauts radio rapides figurent aujourd’hui parmi les phénomènes les plus étranges de l’Univers. L’étude de ces éléments fugaces et explosifs pourrait nous en apprendre davantage sur la jeunesse de notre Univers. Seules quelques dizaines de sources ont déjà été détectées jusqu’à présent par les radiotélescopes. Pourtant, selon une étude récente, il y en aurait partout dans l’espace.

Il y a quelques jours, une équipe d’astronomes de l’Université de Californie détectait une quinzaine de signaux radio explosifs tous issus d’une petite galaxie située à trois milliards d’années-lumière de la Terre en l’espace de seulement cinq heures. Ces « sursauts radio rapides » ou FRB (Fast radio bursts) sont en fait des flashs d’ondes radioélectriques très énergétiques qui ne sont émis que pendant quelques millisecondes et qui disparaissent généralement sans laisser de trace. Mis en évidence pour la première fois en 2007, ils intriguent les astronomes qui cherchent à comprendre ce phénomène. Ces éclats figurent en effet aujourd’hui parmi les phénomènes les plus étranges et les plus explosifs jamais détectés dans notre Univers, pouvant générer autant d’énergie que 500 millions de Soleils en seulement quelques millisecondes. Niveau fréquence, les chercheurs estimaient jusqu’à présent à environ 2 000 le nombre de ces flashs parcourant l’Univers chaque jour. Mais selon une étude, il pourrait y en avoir un par seconde.

Pour la première fois, deux astronomes du Harvard-Smithsonian Center for Astrophysics (CfA) ont estimé le nombre de FRBs sur l’ensemble de l’univers observable. « Imaginez un ciel rempli de flashs comme ceux des paparazzi qui prennent des photos d’une célébrité », explique Anastasia Fialkov qui a dirigé l’étude. « Sauf qu’ici, ces flashs sont en fait des ondes radio ». Les chercheurs ont ici supposé que FRB 121102, un signal radio détecté en 2002 en provenance d’une galaxie située à environ trois milliards d’années-lumière, était représentatif de tous les FRB. En analysant le nombre de rafales émises depuis cette source, ils ont projeté combien de FRB pouvaient voyager sur l’ensemble du ciel. Et des signaux, il y en aurait partout et tout le temps. « Lorsque vous buvez une tasse de café, des centaines de FRB sont émis et disparaissent quelque part dans l’Univers », a déclaré Avi Loeb, coauteur de l’étude. « Si nous pouvons étudier ne serait-ce qu’une fraction de ces signaux, nous devrions pouvoir démêler leur origine ».

Bien que leur nature exacte soit encore inconnue, la plupart des chercheurs s’accordent à penser que les FRB sont les sous-produits d’étoiles à neutrons jeunes et à rotation rapide avec des champs magnétiques extraordinairement forts. Leur étude est importante puisque ces derniers pourraient nous donner des indices sur l’origine de l’univers, et plus particulièrement sur l’époque dite de « réionisation ». L’étude de FRB très éloignés permettra aux scientifiques d’étudier où, quand et comment ce processus de « réionisation » s’est produit. Les FRB sont en quelque sorte des lampes de poche incroyablement puissantes qui nous permettent de sonder les premiers instants de l’Univers.

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