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Courir pieds nus, est-ce moins risqué qu’avec des chaussures ?

Crédits : Flickr

Alors que le running est pratiqué par des millions de personnes, il existe depuis quelques décennies des adeptes de la course à pied sans chaussures. En quoi cette pratique s’avère-t-elle être plus intéressante pour les coureurs ?

Le jogging, désormais plus communément appelé running, est une pratique synonyme de forme et de bien-être. Cependant, sa pratique sur le bitume peut causer des traumatismes à différents niveaux (tendons, articulations, dos). Si certains s’évertuent sans cesse à essayer de trouver la paire de chaussures qui leur convient le mieux, d’autres choisissent tout simplement de pratiquer le « barefoot running » (la course à pied sans chaussures).

Cette discipline apparue pour la première fois aux États-Unis se passe de chaussures, mais nécessite l’utilisation de chaussures minimalistes, dessinant parfois le pourtour des orteils. Particulièrement loué par certains podologues, le barefoot running à pratiquer dans le sable, sur l’herbe et bien sûr le bitume permettrait de faire travailler les tendons et les muscles.

Si pendant longtemps, les différents impacts du pied sur le sol ont été source de motivation des fabricants de chaussures à tenter de les réduire (avec du gel ou de l’air encapsulé par exemple), le podologue Daniel Benjamin officiant à Paris explique sur son site Internet :

« Notre appareil musculo-squelettique est conçu pour vivre avec ces contraintes mécaniques et ces impacts qui sont un facteur très important pour le maintien de la masse et de l’architecture osseuse chez l’homme, le fait d’amortir l’impact du talon dans la course à tout prix ou même le faire disparaître totalement n’a pas vraiment un grand intérêt. »

Il faut savoir que 80 % des coureurs atterrissent sur le talon, une sorte d’impact absorbé par les matériaux constituant les chaussures de sport. Cependant, cela augmente les tensions au niveau des hanches, des genoux et des chevilles, pouvant causer des fractures. Le podologue Daniel Benjamin préconise le port de chaussures « plus soft » ou un changement du type de foulée.

Il s’avère également que le simple port de chaussures minimalistes permettrait d’éviter un maximum l’impact du talon pour que le coureur atterrisse sur la plante du pied ou dans le meilleur des cas, directement sur l’avant du pied. Les adeptes du barefoot partagent l’avis des podologues en indiquant que l’humain est biomécaniquement conçu pour marcher et courir sans chaussures et que le bon geste, soit la bonne foulée, constitue une sorte d’amortissement naturel prévenant les traumatismes.

D’autres avantages sont évoqués, tels qu’une amélioration de l’équilibre et du flux sanguin par l’adoption d’une posture différente, mais idéale, détendant les épaules et accordant la tête et les hanches. Le barefoot running permettrait également de courir plus vite. Cependant, les détracteurs dont fait partie Dr Bruno Sesboüe, médecin à l’Institut régional de médecine de sport de Caen, indique que le barefoot limite effectivement « la sollicitation du talon qui peut entraîner des lésions au niveau des muscles, des os, ou des tendons », mais augmente « le risque de fractures de fatigue des métatarses », ces derniers étant « situés à l’avant des os des pieds ».

En somme, chacun fera le choix de son type de course à pied, bien qu’il ne semble pas y avoir de solution parfaite !

Sources : ConsoGlobeIrish Times

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