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Les humains maîtrisaient la fabrication d’armes il y a 77 000 ans

Crédits : iStock

Dans une grotte d’Afrique du Sud, la découverte de 25 armes de pierre extrêmement pointues montre que les humains maîtrisaient la technique complexe de fabrication d’armes durant l’Âge de Pierre, il y a 77 000 ans. 

Cette découverte constitue le plus ancien témoignage d’une technique connue sous le nom de « pressure flaking », une technique d’écaillage qui consiste en l’utilisation d’un os pointu pour éliminer les petites irrégularités de roche sur une pierre aiguisée. Contrairement aux autres techniques d’écaillage de pierres, celle-ci donne un meilleur contrôle « sur la manière de façonner et d’affiner les arêtes vives d’une arme », explique Veerle Rots, professeur au Fonds de recherche scientifique de l’Université de Liège, en Belgique, principal auteur de l’étude publiée dans la revue PLOS One.

C’est en 2013 et 2014 qu’ont été déterrées ces 25 armes à Sibudu, une grotte située à environ quinze kilomètres de la côte sud-africaine sur l’océan Indien. Ces armes datent de l’Âge de Pierre Moyen, une période qui a débuté il y a environ 300 000 ans et connue pour les progrès technologiques qui ont été réalisés. C’est notamment au cours de cette période que les groupes de chasseurs-cueilleurs ont commencé à utiliser des méthodes de manipulation comme la chaleur et la pression pour produire des armes en pierre.

En Europe, les plus anciennes preuves de l’utilisation de cette technique de « pressure flaked » sont bien plus récentes : il y a 25 000 à 20 000 ans. Ce que les chercheurs veulent savoir, c’est quand et où exactement cette technique a été développée en premier lieu. Ces résultats récents aident les scientifiques à se rapprocher de cette réponse.

Une fois les armes découvertes, les chercheurs ont voulu les analyser de différentes manières, notamment en étudiant leurs résidus organiques et leur usure, ainsi qu’en tentant de les reproduire. Une poignée d’armes avaient deux faces, ce qui était probablement obtenu en appliquant la technique sur les deux côtés de la pierre. Dans certains cas, ces pierres à deux faces ont été attachées à des arbres en bois avec une résine collante, éventuellement pour transformer les pointes des pierres en armes qui pouvaient être utilisées à distance, par exemple sur une lance ou une flèche.

Parmi ces 25 armes, 14 présentaient des impacts, des résidus d’animaux ou des traces d’usure, montrant qu’elles ont été utilisées pour la chasse selon Veerle Rots. « Certains des résidus organiques avaient plus de 77 000 ans et présentaient des signes de colle, de résidus d’animaux, y compris des fragments de sang et d’os [et] des résidus végétaux, y compris des fibres », ajoute-t-il.