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Fonte des glaces : l’inquiétant réveil des anciens virus

Crédits : iStock

D’anciens virus « revitalisés » pourraient un jour s’ajouter à la liste des conséquences néfastes de la fonte des glaces. Des scientifiques qui travaillent dans le cercle arctique ont en effet déterré plusieurs de ces virus. Selon les chercheurs, certains pourraient même se réveiller si le pergélisol qui les emprisonne se dissout.

Des scientifiques qui travaillent dans le cercle arctique au cours de ces dernières décennies ont déjà déterré plusieurs virus anciens. En 2015, des chercheurs en Sibérie découvraient un virus appelé Mollivirus sibericum vieux de 30 000 ans qui avait par la suite réussi à infecter une amibe dans une expérience de laboratoire. Une décennie plus tôt, des chercheurs découvraient le premier Mimivirus, un spécimen présentant pas moins de 1 200 gènes et mesurant deux fois la largeur des virus traditionnels, enterrés sous des couches de givre fondant dans la toundra russe (à titre de comparaison, le VIH ne présente que neuf gènes). Plus récemment, certains chercheurs ont suggéré que ces virus pourraient décongeler, s’échapper et infecter la biodiversité. Mais vous ne devriez pas vous inquiéter, du moins pas encore.

Selon l’écrivain scientifique Carl Zimmer, spécialisé dans l’évolution des parasites, la probabilité que ces virus se libèrent et atteignent les humains est mince : « ces virus particuliers infectent l’amibe. Donc, si vous êtes une amibe, oui, vous devriez avoir vraiment peur », avait-il déclaré à Business Insider dans une interview de 2015. L’homme ajoute que la plupart de ces anciens virus ont été retrouvés après avoir fondu des échantillons de glace de l’Arctique en laboratoire. « Ils ne glissent pas actuellement le long de la toundra russe comme des Frankenstein microscopiques », continue l’écrivain. « Les chances d’une épidémie sont donc très minces ».

Ces découvertes n’en sont pas moins utiles, nous renseignant sur la nature des virus. Ces virus anciens sont d’autre part environ trente fois plus grands que nos virus moyens et rivalisent avec la taille d’une bactérie. Mollivirus sibericum, par exemple, ressemble à cela sous un microscope :

Crédits : PNAS

En plus de sa grande taille, Mollivirus sibericum diffère des autres par ses nombreux gènes (500 au total) qui œuvrent à la fabrication de protéines. Les virus ne sont techniquement pas considérés comme des êtres vivants, mais leurs ancêtres, à l’instar de Mollivirus sibericum, semblent jouir d’un métabolisme fonctionnel. « Si nous voulons réévaluer les caractéristiques des virus, ces anciens décongelés seraient donc de parfaits cobayes », termine Zimmer.

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