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Cannibalisme : l’Homme, une collation à faible teneur en calories

Crédits Pixabay

Bien qu’il y ait de nombreuses preuves d’actes de cannibalisme chez nos ancêtres préhistoriques, il semble peu probable que cette pratique macabre ait été motivée par le simple besoin de nourriture. Comparé à d’autres animaux, l’Homme n’est en effet pas très nourrissant.

Des fouilles archéologiques récentes ont permis d’établir que Homo antecessor, un prénéandertalien qui vivait il y a près de 1 million d’années, était cannibale tout comme Homo Erectus (il y a 680 000 ans) ou encore l’homme de Néandertal, notre cousin disparu qui mangeait lui aussi de la viande humaine. L’homme moderne, Homo Sapiens, était lui aussi anthropophage comme le montrent des ossements trouvés dans la grotte de Maszycka en Pologne (15 000 ans environ avant notre ère) et dans la grotte anglaise de Gough (14 700 avant notre ère). Mais quelles étaient leurs motivations ?

Les épisodes de cannibalisme au Paléolithique ont souvent été définis comme « nutritionnels » dans la nature, mais les preuves manquent et les motivations restent controversées dans nos sociétés modernes. Selon une nouvelle analyse de la teneur en calories du corps humain, celui-ci ne serait pas particulièrement riche. James Cole, spécialiste du paléolithique à l’Université de Brighton (Royaume-Uni), a en effet récemment établi un tableau des différentes parties du corps humain indiquant leur poids respectif et leur valeur nutritionnelle exprimée en calories (graisse et protéines). Selon cette étude publiée ce jeudi dans la revue Scientific Reports, l’Homme ne se distingue pas sur le plan nutritionnel. « Sur le plan calorique, nous correspondons à un animal de notre taille et de notre poids », explique à l’AFP James Cole. « Nous ne sommes pas très nourrissants comparé aux gros animaux que les premiers hommes chassaient et mangeaient », ajoute-t-il. « L’homme est une espèce plutôt maigre ». Or le gras est plus calorique que les protéines. La viande de mammouth, d’ours, de sanglier, de castor, de bison était en effet nettement plus énergétique selon un autre tableau comparatif publié par le chercheur.

Pour vous donner un exemple, un homme de 66 kilos fournit potentiellement 1 300 calories par kilo de muscle quand un mammouth fournit 2 000 calories, l’ours 4 000 (trois fois plus que l’homme) tout comme le sanglier et le castor. La valeur calorique globale des muscles d’un homme est évaluée à environ 32 000 calories (en d’autres termes, si vous deviez manger une personne de la tête au pied, vous consommeriez environ 32 000 calories). Elle est en revanche d’environ 3 millions pour un mammouth, de 1,2 million pour un rhinocéros laineux, de 600 000 pour un ours ou encore de 200 000 pour un cheval. « Au niveau individuel, l’homme affiche un taux calorique peu élevé. Et même si vous mettez cinq ou six individus, cela procurera toujours moins de calories qu’un seul cheval ou un bison », note James Cole.

En termes d’énergie, un corps humain livrerait à peu près la même quantité d’énergie qu’une antilope, mais l’Homme aurait été beaucoup plus difficile à chasser et à tuer, un trop grand effort pour si peu de récompense. Au vu de ces résultats, le chercheur estime que les motivations n’étaient donc pas nutritionnelles : « je ne pense pas que nous ne pouvons pas expliquer les actes de cannibalisme juste par un besoin de nourriture », poursuit-il. « Les raisons de cette anthropophagie pourraient alors être culturelles ou sociales. »

Il semblerait en effet que le cannibalisme dit « rituel » soit le plus probable (quand on mange le cœur ou le foie de son ennemi pour s’approprier ses qualités) ou encore le cannibalisme lié à des rites funéraires comme en Nouvelle-Guinée.

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