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Une équipe d’astronomes annonce une découverte inattendue dans le Grand Nuage de Magellan

Crédits : iStock

Une équipe d’astronomes australiens annonce une découverte inattendue dans le Grand Nuage de Magellan — une galaxie voisine de la Voie lactée. Parmi les milliers d’étoiles recensées, une poignée d’entre elles sont beaucoup plus jeunes que les autres. De quoi remettre en cause un modèle déjà bien établi.

Les amas d’étoiles sont des groupes d’étoiles liées par la gravité. Les modèles traditionnels ont jusqu’à présent supposé que toutes les étoiles dans ces clusters se formaient à partir du même nuage de gaz moléculaire. Nous pensions alors tout naturellement que ces blocs de construction fondamentaux des galaxies se formaient à une même époque, donnant lieu à des milliers ou des millions d’étoiles du même âge et de même composition chimique. Or, une analyse faite dans le Grand nuage de Magellan qui orbite autour de la Voie lactée à environ 170 000 années-lumière fait état d’un groupe d’une quinzaine d’étoiles qui semblent beaucoup plus jeunes que les autres dans ce même cluster. Cette découverte défie le modèle bien établi sur la façon dont nous pensons que ces objets incroyablement abondants dans l’univers se forment réellement.

« Nos modèles d’évolution stellaire se fondent sur l’hypothèse que les étoiles dans les amas d’étoiles se forment à partir du même matériau à peu près en même temps », explique Bi-Qing For, de l’International Centre for Radio Astronomy Research en Australie-Occidentale et principal auteur de cette étude. « Si cette hypothèse se révèle être incorrecte comme nos résultats le suggèrent, alors nos modèles devront être revus et révisés ».

Le Petit Nuage de Magellan (à gauche) et le Grand Nuage de Magellan (à droite) vus depuis l’Observatoire européen austral1 / Crédits : ESO/S. Brunier

Parmi ces 15 candidates stellaires, sept sont situées en plein centre. Nous utilisons ici le terme « candidates stellaires » puisqu’un nuage massif obscurcit la vision des astronomes depuis la Terre, de sorte que les chercheurs ne peuvent être certains de leur identité pour l’instant. Mais si cette observation est confirmée, cela signifie que les scientifiques devront trouver une autre explication. Il semblerait néanmoins qu’aucune corrélation n’ait été faite entre l’hydrogène interstellaire et l’emplacement des grappes d’étoiles étudiées. Ainsi la formation de ces jeunes étoiles ne peut être alimentée par du gaz en provenance de l’espace interstellaire. Au lieu de cela, les chercheurs pensent que ces jeunes étoiles ont été ensemencées au sein de leur groupe par de vieilles étoiles. Si cette hypothèse est correcte, cela signifie que les amas d’étoiles pourraient être le foyer d’un certain nombre de générations d’étoiles toutes apparues dans le même espace.

Ce n’est pas la première fois que le modèle traditionnel de formation d’étoiles est mis à l’épreuve. Des observations faites en 2015 avaient notamment révélé de multiples populations stellaires avec des compositions d’hélium différentes. Le prochain défi pour l’équipe sera de confirmer ces observations une fois le nuage de gaz et de poussière dissipé.

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